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Mélenchon, capitaine de pédalo

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Co-président d’un parti de gauche cherche alliés désespérément. Alliés : de gauche, de bonne volonté, pas trop capricieux, et disponibles de suite, si possible, pour cause d’élections à préparer, là, dans les semaines qui viennent.

Jean-Luc Mélenchon paniquerait-il, à l’approche du mois de mai ? Aurait-il peur de se retrouver tout seul, avant les européennes ? Et tout nu, après ? Ou bien veut-il simplement faire croire aux communistes qu’il peut vivre sans eux ? Quoi qu’il en soit, à mesure que la situation se complique entre le Parti de Gauche et le PC, et à mesure que les élections approchent, il semble agir comme s’il manquait d’air, et d’espace. A moins que ce soit de temps. Il faut dire que le psychodrame au sein du Front de Gauche s’éternise et s’enlise, dans un débat pathétique où la gauche est réduite à un logo. “C’est moi qui l’ai… Non c’est moi… Si tu le mets sur ton affiche, je t’en colle une !’.

Ca pourrait mal finir, et Mélenchon dit ne plus attendre grand chose d’un Parti Communiste qui de toute façon n’a aucune intention de changer quoi que ce soit à sa ligne avant les municipales. Qui joue la montre sur les européennes. Qui statuera plus tard, tranquillement, entre camarades, sur la question des listes autonomes pour les régionales et les cantonales de l’an prochain. Et qui au passage, n’est pas fâché de faire ravaler sa morgue à celui qui s’est un peu trop vite, pris pour le patron.

Mais alors, si la “naïveté”, comme il le dit lui-même, lui a passé à l’égard du PC. Il semble qu’il lui en reste un peu, à Jean-Luc Mélenchon, quand il regarde du côté d’Europe Ecologie Les Verts, ou de l’aile gauche du PS, qu’il persiste à draguer, pour l’instant en vain ! C’est pourtant pas faute d’avoir fait de pressants appels du pied. D’avoir tenté de débaucher. D’avoir envoyé de gros messages aux écolos. Mais pour l’instant, ni Eva Joly, ni Noël Mamère, ni Pouria Amirshahi au PS, ni personne d’ailleurs, n’a répondu à l’appel.

Non, pour l’heure, en situation délicate, c’est avec Olivier Besancenot, que Mélenchon s’affiche. A l’issue d’une rencontre hier, les deux hommes ont appelé à une grande manifestation mi avril. Pour répondre aux récentes manifs de droite, pour protester contre le gouvernement. Et aussi pour tenter de rabibocher la gauche de la gauche (c’est vrai qu’après les municipales, les communistes pourront ressortir les porte-voix).

C’est à partir de ce moment là, et pas avant, qu’on pourra tirer tous les enseignements de cette tempête que traverse le Front de Gauche… Quand l’eau se sera retirée, que les vents se seront calmés, on y verra BIEN PLUS CLAIR sur le rapport de force interne entre le Parti de Gauche et le Parti Communiste. A ce moment là, Jean-Luc Mélenchon aura appris à ses dépens que le PC n’est pas un frel esquif à l’abordage duquel on peut partir facilement (mais ce grand Mitterrandien féru d’histoire, aurait du le savoir). A ce moment là seulement, peut-être, Jean-Luc Mélenchon pourra-t-il reprendre le commandement du paquebot “Front de Gauche”.

Mais dans l’intervalle, les communistes lui auront fait tester la position du capitaine de pédalo.

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