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Opération "une idée pour l'UMP"

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Lançons un appel ce matin, au nom de la démocratie : il faut absolument aider l’UMP. Il ne sera pas ici question d’argent : ce n’est pas d’argent dont l’UMP a besoin, tout le monde le sait, puisque le principal parti d’opposition a déjà été renfloué, l’an dernier, par ses militants, et par les contribuables au passage, grâce au SARKOTHON. Et aujourd’hui, du coup, le parti de Jean-François Copé peut -et ce sont des déclarations de Jérôme Lavrilleux hier dans Libération - “payer 4 ou 5 fois plus cher si on veut" que le prix du marché, pour des prestations techniques, quand il s’agit d’organiser une conventions ou un congrès. Si ce genre de déclarations, c’est pas le signe d’une bonne santé financière, je ne m’y connais pas.

Pas besoin, donc, d’organiser une nouvelle quête, car c’est d’idées dont on a cruellement besoin à l’UMP. Oui, des idées. Voir un grand parti comme ça, réduit à tourner en boucle toute cette semaine, à grands coups de déclarations solennelles ou de questions au gouvernement, sur la journée de la jupe dans un lycée nantais, ou sur Christiane Taubira qui ne chante pas, mais qui écoute la Marseillaise, je ne sais pas vous, mais moi ça me serre le coeur. Alors, en attendant la coupe du monde de foot, et les déclarations sur les joueurs Noirs de l’équipe de France, à votre bon coeur : “recherche idées de droite”. Visiblement, le parti n’est plus capable d’en produire.

C’est vrai qu’en interne, l’ambiance n’est toujours pas favorable à l’introspection, et à la réflexion. Les rivalités entre clans, la perspective des primaires de 2016 (déjà…), et les affaires à la Bygmallion empêchent de monter un projet, d’incarner une opposition constructive, et d’apparaître crédible pour 2017, (et ne parlons même pas d’un scénario dissolution-cohabitation d’ici là).

C’est vrai aussi que l’UMP n’est pas aidé par la majorité, qui continue à lui piquer toutes ses idées. Le phénomène ne s’est pas arrêté au pacte de responsabilité : le décret surprise d’Arnaud Montebourg, la pause fiscale, ou l’amorce de la réforme territoriale, sont autant de pièges tendus, et de sujets sur lesquels il est difficile de se démarquer. La période électorale n’aide pas non plus, tant le parti est divisé sur les questions européennes.

Et puis, Nicolas Sarkozy, même si on ne l’entend plus, est toujours en embuscade, comme un génie de la lampe, qui garderait toutes les idées pour lui, dans son antre de la rue de Miromesnil, et qui attendrait le moment propice pour les sortir, et régler ses comptes.

Cette situation, c’est une démonstration par l’absurde, du statut déviant, et de plus en plus problématique des partis politiques en France. Au lieu de se transformer en machines de guerre hors sol, construites et paramétrées pour l’accession au pouvoir d’un homme, ou d’un clan, ils devraient revenir aux fondamentaux, et redevenir, comme c’est (encore) le cas en Allemagne par exemple des rassemblements de citoyens, organisés autour d’une base militante, pour la défense d’intérêts collectifs, et producteurs d’idées pour l’intérêt commun.

Oui, je rêve, peut-être. Mais c’était ma contribution.

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