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On peut empêcher les redoublements, pas les remaniements

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Redoubler, à l’école, c’est pas la solution, dit en substance le ministre de l’éducation nationale. Vincent Peillon veut réduire le nombre de redoublements, encore trop systématiques selon lui. Ca coûte cher, et ça n’est pas forcément bénéfique du point de vue pédagogique.

La théorie, c’est qu’un élément en difficulté ne gagne pas forcément à être ‘décroché’, stigmatisé, et en quelque sorte exclu du système : il vaut mieux le faire progresser au rythme des autres, le maintenir dans une certaine forme d’émulation. Et le garder en confiance.

Une théorie qui ne vaut certainement pas que dans l’enseignement… Prenons l’exemple de Jean-Marc Ayrault. Il en a connu des difficultés depuis qu’il est Premier Ministre. Il en a fait des grosses erreurs, sur la loi famille encore récemment. Il en a rendu des copies bancales, en forme de rapports sur l’intégration par exemple, ou de remise à plat fiscale. Mais le professeur Hollande a toujours estimé, jusque là, que le Premier Ministre devait continuer à suivre son cursus. Tout comme l’ensemble de la classe (Nicole Bricq, Delphine Batho, et Jérôme Cahuzac ayant été exclus de l’établissement, mais pour d’autres raisons)...

Mais alors, combien de temps ça va durer ? C’est la question du moment : peut-on continuer comme ça jusqu’à la saison des examens, (vous savez qu’une première épreuve arrive le 23 mars) ? Ou bien François Hollande décidera-t-il de se séparer avant cette date, des mauvais élèves ?

La rumeur court, depuis quelques jours, d’un changement d’équipe gouvernementale possible, peut-être même dès le début du mois de mars... Alors : attention aux fantasmes de journalistes, toujours alimentés par des confidences intéressées. Ce genre de menace dissimulée, c’est comme quand le maître fait les gros yeux, la règle à la main : c'est de la dissuasion. Pas sûr qu’il ait vraiment envie de taper.

François Hollande a déjà utilisé ce stratagème, qui permet de calmer les ardeurs des ministres et d’éviter les couacs sans avoir à prendre de décision, à deux reprises : fin 2012, et puis encore au printemps dernier, dans les colonnes de Paris Match, quand il avait déclaré que : “personne n’est protégé, personne n’a d’immunité”.

Mais il serait bien inspiré de ne pas jouer à ce jeu là trop longtemps. Souvenez vous. Avant lui, Nicolas Sarkozy avait laissé planer ce genre de menace sur ses ministres pendant 6 mois, en 2010... sans donner aucune suite, ce qui l’avait considérablement affaibli.

Cela dit, s’il n’arrive pas à trancher avant les élections, François Hollande sera certainement aidé par les électeurs. Il arrive en effet que les résultats soient tellement mauvais, aux élections, ou aux examens, qu’il faille se faire une raison : le remaniement, c’est. comme le redoublement, parfois inévitable.

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