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Pour les centristes, un boulevard semé d’embûches. Par Frédéric Métézeau

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Un boulevard semé d’embûches notamment pour l’UDI réunie demain en conseil national pour préparer la succession de Jean-Louis Borloo à l’automne. A sa gauche se trouvent le PS, l’impopularité chronique de François Hollande et la fronde contre la ligne social-démocrate et à sa droite l’UMP, sa guerre des chefs et ses affaires. Coincés entre les deux, les centristes auraient donc un boulevard devant eux sauf qu'ils ont eux-même parsemé leur chemin d’embûches.

D’abord, il y a la gué-guerre des chefs… Pas la guerre façon UMP, car elle est moins médiatique, moins violente opposant non-pas des ténors façon Sarkozy Juppé Fillon ou Copé mais les Jego, Morin, Lagarde, Fromentin, Sauvadet, Arthuis qui pourraient briguer la présidence de l’UDI. Dont le seul objectif commun est... de barrer la route à François Bayrou !

Il y a ensuite le mille-feuilles centriste… Petit rappel : l’Alternative associe d’un côté le Modem et de l’autre l’UDI elle-même composée du Nouveau Centre, de l’Alliance centriste, de Force européenne démocrate, France écologie, La Gauche moderne, Nouvelle écologie démocrate, Territoires en mouvement, Canal écologiste républicain, du Parti libéral démocrate, GayLib et du parti radical qui élit lui son président à partir de la semaine prochaine. François Bayrou le seul centriste Bonapartiste ne s’y trompe pas, qui confie « rassembler les centristes c’est comme faire tenir des grenouilles dans une brouette ».

Reste le positionnement des centristes, dont Mitterrand disait qu’ils ne sont « ni de gauche ni de gauche ». Courtisés par Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, malgré les années RPR-UDF où les gaullistes s’essuyaient les pieds sur eux, les centristes ont fait le choix de l’alliance avec l’UMP tout en proclamant qu’ils veulent devenir plus forts qu’elle ! Quelle ambition mais quelle naiveté aussi ! Imagine-t-on ce même Mitterrand dire au Parti Communiste « faisons l’union mais je vais vous tuer » ?

Déjà handicapés par le scrutin majoritaire et par le régime présidentiel, les centristes se lient eux-mêmes les mains, eux qui n’ont remporté qu’une fois une élection présidentielle il y a 40 ans. Car Car en 1974 deux conditions fondamentales étaient réunies : un candidat à l’envergure exceptionnelle (Giscard) et des circonstances extra-ordinaires (la mort de Pompidou qui prend tout le monde de court) mais pour l’instant rien de cela. Si la présidentielle a bien lieu en 2017 sans Borloo ou Bayrou, le candidat des centristes au second tour ne sera pas centriste.

Frédéric Métézeau

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