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Que ces trois années seront longues...

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François Bayrou disait hier que François Hollande n’irait pas au bout de son mandat. Que le Président de la République ne pourrait plus se relever, et que le tonnerre allait gronder sur la France. Lyrique comme jamais, c’est l’image qu’il a employé. Bien malin qui pourrait être aussi malin que François Bayrou : difficile d’accréditer ou non cette prophétie. De dire comment les choses vont se passer, dans les trois prochaines années. Mais il est néanmoins certain qu’elles seront longues, pour François Hollande, pour le gouvernement, la majorité, et plus largement pour toute la gauche.

Après deux raclées électorales historiques, et une troisième qui se profile au Sénat. Dans un contexte de discrédit total, de popularité au plancher, et de coupure avec la population. Avec une majorité étriquée, et qui s’annonce d’ailleurs de plus en plus souvent incertaine. Avec un Front National qui se prend pour le premier parti de France, et qui se propose de nous donner une autre idée de l’opposition. Avec encore bien des mesures d’économies à prendre, bien des décisions difficiles à annoncer, bien des sacrifices à demander, c’est sûr : les temps seront durs.

D’autant qu’il n’est définitivement, et officiellement, plus question d’imaginer la moindre politique de gauche, d’ici 2017. Exit par exemple, les propositions d’ordre sociétal. Oubliées, ou très retardées, les PMA, allocations d’études, et autres récépissés policiers, pour lutter contre le contrôle au faciès. Hier, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a jugé que faute de majorité pour le faire, il n’était même pas la peine de s’engager sur le droit de vote des étrangers. Pour lui, dans la situation dans laquelle on se trouve, mieux vaut se concentrer sur l’essentiel.

Alors, c’est probablement vrai. C’est probablement sage. Mais c’est un terrible aveu d’échec, encore, pour François Hollande, qui le 6 mai dernier avait pourtant réaffirmé qu’il reprendrait le travail sur cette mesure, promise par la gauche depuis quand même plus de trente ans. C’est symboliquement terrible, pour une majorité de gauche, qui il y a deux ans voulait réenchanter le rêve français, et qui est contrainte aujourd’hui de la mettre sous assistance respiratoire.

Comme si les derniers espoirs tombaient les uns après les autres. Comme s’il n’y avait plus aucune alternative. Qu’il fallait abandonner l’idée folle selon laquelle la politique, c’est tenter d’avoir prise sur les choses. Une réforme fiscale ? Oui, mais si on n’a pas la majorité ? Une transition écologique ? D’accord, mais si on n’était pas suivi ?. Tout ça ne va pas aider à remobiliser les citoyens, à leur redonner confiance. A résoudre le problème de l’abstention, ou du vote extrême.

Alors, François Bayrou a-t-il raison ? Le Président est-il fini ? Pas sûr. Il lui reste un espoir, cet été, de redresser la France. Et il est bien décidé à s’engager dans ce nouveau combat, à mettre tout son poids dans la balance. La preuve : il déjeune avec l’équipe de France de foot, ce midi, à Clairefontaine.

Courage. Tout n’est pas perdu.

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