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On a retrouvé la gauche !

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Ce week-end, on a de nouveau entendu cet ensemble, plus ou moins homogène, de gens qui pensent que l’austérité n’est pas la solution, en ce moment, et de manière générale, qu’il est encore possible d’œuvrer pour le progrès social, y compris en temps de crise. Et peut-être même d’ailleurs surtout en temps de crise. Vous savez : ce sont tous ces gens pour qui on peut relancer l’économie par la demande, par les salaires. Pour qui l’Europe peut être autre chose que “Madame 3% de déficit”. Et pour qui le problème vient moins du coût de travail, que du coût du capital.

Alors, on est content d’avoir des nouvelles, parce qu’on commençait sérieusement à s’inquiéter. Le peuple de gauche manquait à l’appel, depuis 2012. Il s’était senti trahi par le gouvernement, mais il avait laissé la rue à la droite et à la manif pour tous. Il avait espéré l’union pour les listes aux municipales, mais il s’était résigné à voir le Front de Gauche partir en sucette. Il croyait encore à ses idées bien sûr, mais semblait anesthésié par les effets du Hollandisme.

Ce week-end donc, il a donné des preuves de vie. Et de vitalité. “La gauche marche encore” semblaient clamer les dizaines de milliers de manifestants parisiens, qui ont défilé derrière le Grec Alexis Tsipras, le candidat de la gauche radicale à la présidence de la commission européenne. Et dans le même mouvement, ces manifestants ont singulièrement montré en creux tout ce que le Parti Socialiste n’est plus. Tout ce en quoi il ne croit plus. En somme, ils ont donné raison au tout nouveau secrétaire d’état Jean-Marie Le Guen, qui, juste avant d’entrer au gouvernement, expliquait que “la rue de Solférino est morte”. Ils ont appuyé les propos d’Henri Emmanuelli, qui, dans la foulée des municipales, parlait de son parti comme d’un “parc à moutons”.

Alors voilà la situation, aujourd’hui, à gauche, à la veille d’un conseil national du Parti Socialiste qui doit trouver un successeur à Harlem Désir. D’un côté, on a des militants qui ont tout à gagner de la campagne pour les européennes qui s’ouvre. Et de l’autre “un cadavre à la renverse”, pour reprendre les mots de Martine Aubry (qui elle-même reprenait Bernard-Henri Lévy), en 2011. D’un côté, des déclarations passionnées et des espoirs de reconquêtes. De l’autre, pas même un début de solution pour essayer de sauver les meubles. D’un côté des mouvements qui vont tenter de s’unir. De l’autre, un parti devenu satellite de l’Elysée, et des députés de la majorité qui s’abstiennent de voter la confiance au gouvernement.

Bref, il y a une ligne de fracture, plus marquée que jamais désormais, à gauche, entre ceux qui se sentent un peu mieux depuis samedi, d’avoir vu la gauche dans la rue. Et ceux qui ne veulent pas voir que le Parti Socialiste est lui complètement à la rue.

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