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Sarkozy le sauveur, d'Alexandre à Cincinnatus

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À retrouver dans l'émission

Quelle figure de sauveur pour Nicolas Sarkozy ?

Maxppp

Nicolas Sarkozy ne serait pas certain de vouloir s'engager pour 2017.

C'est du moins ce qu'il a confié aux caméras de TF1, lors d’un entretien diffusé hier soir . On demandait à Nicolas Sarkozy si 2017 pouvait être son match de trop, réponse : “je me pose la question” ! Ce qui fait écho à quelques passages de son livre, qui paraît aujourd’hui : “La France pour la vie”, chez Plon : “je n’ai pas besoin de revanche”, “je n’ai pas le souci de mon statut”, “je suis tout à fait capable de vivre une autre vie”. Alors ? Nicolas Sarkozy pourrait-il laisser tomber ? Lui qui écrit un peu plus loin qu’il ne “supporte pas l’idée du déclassement de la France”, une “France qui coule dans (s)on sang" ?

Bien sûr que non. En expliquant au contraire combien il aime les crises, les vagues infranchissables, ou même à quel point il se sent “proche des victimes expiatoires”, il tente (sans trop s’en cacher) de se poser en sauveur, de coller à ce vieux mythe français, dont Raoul Girardet nous disait qu’il faut du temps pour qu’il se forge. Un temps pendant lequel "la figure du sauveur, rejetée dans le passé, va se modifier au gré des jeux ambigus de la mémoire, de ses mécanismes sélectifs, de ses refoulements et de ses amplifications”.

Nicolas Sarkozy n’a pas dit autre chose, hier soir, à la télé, quand il a estimé qu’ “il faut du temps pour être authentique”.

Mais alors, quelle figure de héros pour Nicolas Sarkozy ?

Dans son étude sur les mythes et les mythologies politiques publiée en 1986, Raoul Girardet décrivait 4 modèles de sauveur. Et si on reconnaît bien le “Sarkozy version 2007” dans l’archétype d’Alexandre, je cite Girardet : “la légitimité de son pouvoir ne procède pas du passé", "le geste de son bras n’est pas symbole de protection, mais invitation au départ, signal de l’aventure”, “son impétuosité va jusqu’à dompter la nature”, on voit bien qu’il faut réactualiser. L’image ne colle plus avec le Sarkozy version 2017. Qui aurait plutôt à voir avec Cincinnatus !

Cincinnatus le romain, “qui a exercé avec honneur de hautes charges, de grands commandements”, et que “l’angoisse de tout un peuple confronté brusquement au malheur appelle ou rappelle à la tête de l’état”, l’arrachant à sa “retraite modeste, loin des tumultes de la vie publique”.

Ça colle. Cincinnatus, après avoir quitté le pouvoir une première fois, était retourné cultiver ses champs, paisiblement. Nicolas Sarkozy lui (O tempora ! O mores !), a appris à parler anglais, et c’est désormais, il l'assume parfaitement, le circuit des grandes conférences internationales, qu’il laboure.

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