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Scène politique à fragmentation

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Tous les regards seront tournés aujourd’hui vers l’UMP, qui lors de son bureau politique va tenter de trouver une solution pour survivre à la crise actuelle, déclenchée par l’affaire Bygmalion et le résultat des européennes. Qui prendra le parti ? Y’aura-t-il des primaires ? Nicolas Sarkozy reviendra-t-il ? Ca fait beaucoup de questions, et encore plus de lignes politiques. Depuis 48 heures, on est obnubilés, aussi, par les soubresauts du Front National, qui ne se dédiabolise plus, mais qui de manière pathétique se normalise, en quelque sorte : on a la preuve que lui aussi peut connaître des ruptures. Certes, à sa manière et avec ses marqueurs.

Il y a aussi des divisions, et de fortes tensions chez les centristes, chez les verts, au Front de Gauche, entre communistes et mélenchonistes. Et tout ça ne doit pas nous faire oublier les difficultés dans la majorité et au PS. Il y a tous les sceptiques. Il y a l’appel des cent. Il y a les “socialistes affligés”, qui se sont réunis samedi, en compagnie de différentes composantes de gauche, et qui d’ailleurs essayent de la recomposer, la gauche. Un de leurs porte-voix, c’est Gérard Filoche, qui en appelle régulièrement sur son blog à l’union des gauches rouges, roses, vertes.

Beau mais périlleux projet, que cette grande union rêvée, au moment où la notion de “parti politique” elle-même semble questionnée. Avec des taux d’abstention si importants, un vote extrême se généralisant, des côtes de popularité s’effondrant en quelques semaines de pouvoir. Avec des partis bien souvent en déroute, et en fragmentation : l’impression domine que plus personne ne peut plus légitimement représenter personne.

Une ère de l’individualité en politique qui s’ouvrirait, ou s’approfondirait, en quelque sorte. Comme si les Français se réfugiaient “sur leurs intérêts personnels et immédiats, refusant tout projet commun qui puisse les réunir en donnant un sens à la vie collective”. C’est ce qu’écrivait cette semaine la politologue Dominique Schnapper, qui est aussi sociologue à l’EHESS, dans le numéro 9 du nouvel hebdomadaire, “le 1”, lancé par Eric Fottorino. On peut encore le trouver.

Un numéro consacré à la "fatigue de la démocratie”, suite au résultat des élections européennes, mais qui aide aussi à comprendre l’état actuel du paysage politique français, qui semble se fragmenter. “La scène politique ne correspond pas aux véritables enjeux”, écrit encore Dominique Schnapper. Une scène qui “ressemble trop souvent à une parodie, un jeu d’ombres”, quand bien souvent “un changement de gouvernement ne se traduit pas par un changement de politique”. Et de rappeler que la démocratie est un régime “improbable et fragile” : donc en permanence en danger, et qu’il faut la réinventer. Un peu comme l’UMP, finalement.

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