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Schulz, Juncker et la fausse proportionnelle

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Les députés européens dans cette campagne européenne, sont bien trop peu visibles, éclipsés qu’ils sont, trop souvent, par le duo Martin Schulz - Jean-Claude Juncker, qu’on voit partout en ce moment. L’attention médiatique, en France, est en train de se focaliser sur les candidats du PSE et du PPE à la présidence de la commission européenne, et c’est bien dommage.

D’abord, rappelons accessoirement, qu’il y a cinq candidats déclarés à la présidence de la commission, et non pas deux. Ensuite, il n’est pas dit qu’assister à un des nombreux débats organisés entre ces gentils technocrates, comme celui d’hier soir encore, sur LCI et RTL, soit de nature à mobiliser les électeurs, le 25 mai prochain, ou à éclairer leur vote.

Moins qu’un débat, d’ailleurs, c’était encore une fois, hier soir, un échange très civil de points de vue, sur l’avenir de l’Union Européenne, tant les positions des deux hommes sont proches, et tant il est difficile on le voit bien pour eux, de mettre artificiellement des distances en campagne, entre des politiques qui sont souvent si convergentes en session, à Bruxelles.

On l’a constaté hier : ça ne leur a pas coûté grand chose de mettre le chômage au top de leurs priorités. Ils n’ont surpris personne en défendant Schengen, de concert. Ils sont aussi proches sur le grand marché transatlantique. Et les seules divergences notables finalement entre eux, portent sur la réponse à apporter à la crise ukrainienne, et sur le déficit français : Schulz dit qu’il pourrait envisager un nouveau délai, quand Juncker ne veut pas en entendre parler. Voilà, rien de révolutionnaire. Comme on le dit à l’intérieur d’un parti quand ça commence à partir dans tous les sens : ce qui les rapproche ces deux là, est plus important que ce qui les éloigne.

Alors, oui. Il faudrait écouter plus les candidats pour qui les électeurs vont voter : les candidats députés. Eux ont des choses à dire. Des divergences de points de vue. Des priorités à faire valoir. Eux aussi, auront entre les mains, l’avenir de l’Union, puisque dans l’esprit des textes au moins, la commission est censée être soumise au parlement. Mais voilà, ces candidats sont trop souvent inaudibles, enfermés dans leurs circonscriptions qui ne ressemblent à rien, qui n’ont aucun intérêt, ni même aucune raison d’être. Eclipsés par le duo Schulz-Juncker, les candidats le sont aussi par ce découpage français stupide, qui ne recouvre ni les régions (comme c’est le cas en Italie, avec un regroupement de régions électorales), ni les bassins de vie, et qui ne pourront d’ailleurs même pas servir, ou alors en contre exemple, à la réforme territoriale en préparation.

Et pui, il ne faut pas oublier que le mode de scrutin, pour ces européennes, c’est la proportionnelle. Et qu’en divisant par autant de circonscriptions les seuils pour être élus, on défavorise mécaniquement les listes les moins en vue. Elles auront moins d’élus, puisque moins une circonscription compte d'élus, plus le seuil nécessaire pour en obtenir, est élevé. C’est la diversité de l’offre politique qui va en pâtir.

On n’a pas fini de les voir, Shulz et Juncker.

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