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Francois Hollande recoit les groupes parlementaires a l Elysee

Un objet politique comme un autre

2 min
À retrouver dans l'émission

Sur le projet de réforme de la constitution, François Hollande et Nicolas Sarkozy sont dans le même bateau.

Francois Hollande recoit les groupes parlementaires a l Elysee
Francois Hollande recoit les groupes parlementaires a l Elysee Crédits : WOSTOK PRESS/MAXPPP - Maxppp

Les deux finalistes de la présidentielle de 2012 sont alliés objectifs sur la question de la réforme constitutionnelle. D'ailleurs, ils se sont entendus, le 22 janvier dernier à l’Élysée, dans une curieuse manière de faire de la politique comme avant (tout ça rappelant d’ailleurs le référendum européen de 2005, qui ne leur avait pas franchement réussi).

Leur objectif commun, c’est que la réforme soit adoptée, que la déchéance soit élargie. Hollande, parce qu’il ne peut pas se permettre d’échouer, un an avant la présidentielle, sur une promesse faite devant le parlement réuni en Congrès. Sarkozy, parce qu’il doit absolument montrer qu’il garde la main sur ses troupes, sur les parlementaires de droite, qui ne semblent plus tout à fait décidé à jouer la stratégie du patron.

Chacun ses frondeurs

À gauche, ils sont de plus en plus nombreux, leur base s’élargit, et les nerfs sont à vif. La communication que fera Jean-Jacques Urvoas tout à l’heure en conseil des ministres sera scrutée à la virgule près. Que la moindre référence à l’apatridie soit rajoutée dans le projet de loi d’application de la réforme constitutionnelle, comme le demande Manuel Valls, et c’est le feu ! Hier en réunion de groupe, le patron des députés PS, Bruno Le Roux a bien vu ce que ça pouvait donner...

À droite, c’est l’inverse : on veut à tout prix garder la référence aux binationaux. Mais le problème politique est d’une tout autre nature pour Nicolas Sarkozy, qui n’a peut-être pas compris suffisamment tôt que la réforme constitutionnelle est devenue un terrain de jeu pour les candidats à la primaire. On l’a très clairement vu ces derniers jours, et particulièrement hier. François Fillon a spectaculairement confirmé qu’il était opposé au texte actuel. Alain Juppé a lâché que le texte était parfaitement inutile, et Bruno Le Maire qu’il n’en pensait pas moins.

Ce faisant, les principaux candidats à la primaire ne font pas autre chose que de mettre des petits cailloux dans la chaussure de Sarkozy. Qui tout autant que François Hollande, désormais, est piégé par la tournure des événements. Empêtré dans la petite politique de tous les jours. 

Car on le voit : le grave sujet de la déchéance de nationalité est devenu un objet politique comme un autre, qu'on s'envoie à la figure sans trop de vergogne. Et s’il est un symbole, c’est celui de l’impossibilité de la classe politique a prendre un peu de hauteur, à faire de la politique autrement.

On n’a pas encore la date du prochain Congrès du parlement à Versailles, mais ce à quoi on assiste en ce moment en coulisses, lui enlève déjà tout caractère solennel.

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