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Voter blanc et blanc voter

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Le parlement hier, a définitivement adopté la reconnaissance du vote blanc. C’était une proposition de loi des centristes de l’UDI. La mesure prendra effet à compter des élections européennes du 25 mai.Et on pourra désormais voir - enfin ! - son vote compter dans la colonne des blancs !! Le progrès pour la démocratie est majeur. La République en sera, n’en doutons pas, changée, et revigorée.

On pourra par exemple, enfin observer de près le jeu des reports de voix entre vote nul et vote blanc. Et faire des études comparées, en fonction des modes de scrutin. Et puis… et puis, c’est tout ce qu’on pourra faire !

Cette loi, au delà du fait qu’elle ne s’appliquera pas aux élections présidentielles, n’a pas beaucoup d’intérêt : on n’avait pas besoin d’elle pour avoir le droit de voter blanc, heureusement. Et par ailleurs, elle n’apportera rien à la vie politique. Puisqu’elle résulte d’un mauvais diagnostic. Qu’elle prend le vote pour ce qu’il n’est pas. Et qu’elle n’apporte aucune solution aux maux qu’elle prétend traiter.

Le mauvais diagnostic, c’est celui qui semble être posé sur un éventuel désamour des français pour la politique, un désintérêt supposé pour la chose publique. L’abstention, le vote nul, ou le choix des extrêmes sont ainsi considérés comme des maladies dégénératives de la démocratie. Alors même qu’on sait bien qu’il peut y avoir, et qu’il y a, bien souvent, de la conviction derrière chacun de ces comportements. Que ça perturbe ou non, l’abstention peut aussi être une expression. Que ça choque ou non, le vote pour les extrêmes marque de plus en plus une adhésion.

D’un autre côté, et a contrario , voter, en démocratie, ce n’est pas forcément s'identifier aux candidats. Ce n’est ni élire une reine de beauté, ni “liker” un statut ou un profil facebook. Et ça doit rester pus profond que l’expression de simples préférences individuelles. Or cette loi présente le vote blanc comme la solution miracle apportée à ceux qui ne trouvent pas le candidat qui leur convient parfaitement.

C’est évidemment trompeur. Un non choix ne peux pas être présenté comme un choix. Et puis quoi qu’il en soit, les bulletins blancs, aux termes de cette loi, ne seront toujours pas comptabilisés dans les suffrages exprimés. Preuve que personne n’a encore trouvé comment transformer le vote blanc en représentants du peuple, ou comment le traduire en choix politiques.

Après tout c’est aux politiques qu’il appartient de remotiver les électeurs, s’il y a lieu de le faire. En proposant. En inventant. En innnovant. En pratiquant ce qu’on pourrait appeler la relance de la démocratie... par une politique de l’offre.

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