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Bayrou et Chirac ou les obsessions de Nicolas Sarkozy

3 min

Même en politique où devraient primer l'intérêt général et les considérations rationnelles, bien des décisions sont prises en fonction d'expériences particulières et de considérations affectives voire passionnelles.

Bientôt, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, l’UMP sera rebaptisée "Les Républicains". Beaucoup a déjà été dit sur ce nom : la fin du calembour frontiste UMPS, la fin de l'époque Bygmalion et du duel Copé-Fillon, la nécessité de donner du sens en renonçant aux sigles qui font tellement "techno" et tellement années soixante. "Les Républicains" nous rappellent les Etats-Unis et son bipartisme Républicains-Démocrates et en France il se trouve qu'il existe un parti démocrate ou plutôt un mouvement démocrate, le MODEM de François Bayrou. Or, François Bayrou est l'une des obsessions de Nicolas Sarkozy.

Dans ses discours pour chauffer les militants, et plus encore en privé, Nicolas Sarkozy n'a pas de mots assez durs pour le maire de Pau dont il est persuadé qu'il lui a fait perdre la présidentielle de 2012. Peut-être s’agit-il d’une conclusion rapide mais ce parti républicain c'est aussi - et sans doute inconsciemment - un positionnement face au mouvement démocrate, comme si Sarkozy anticipait une nouvelle confrontation avec Bayrou au premier tour de 2017...

Autre obsession de Nicolas Sarkozy : Jacques Chirac qu'il qualifiait en privé de "roi fainéant". Il faut avoir vu Nicolas Sarkozy lors d'un dîner off avec des journalistes en Guyane raconter que les affrontements les plus violents qu'il a connus l'ont opposé à l'ancien maire de Paris. Il faut l'avoir vu se tourner presque ému vers Claude Guéant et lui demander "mais comment on a pu tenir ? Heureusement que vous étiez là Claude" .

Après sa trahison balladurienne, la "rupture" de Nicolas Sarkozy est d'abord celle avec Jacques Chirac, le politique et l'homme. Mais, même quand l'on veut rompre et s'éloigner, un tel compagnonnage laisse des traces et Nicolas Sarkozy est aussi dans l'imitation de Jacques Chirac. Car ce dernier a été réélu et face à Jean-Marie Le Pen. Avec une victoire en 2017 face à Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy chef de file des Républicains ferait jeu égal avec son père en politique et réussirait un tour de force digne des plus grandes résurrections chiraquiennes. Vingt ans après l'entrée de Jacques Chirac à l'Elysée, cette obsession motive la refondation de la droite : Chirac a créé deux partis, le RPR et l'UMP qu'il a nommés et mis à son service. Avec les Républicains Nicolas Sarkozy qui n’en a fondé aucun aura enfin "SON" parti. Sauf qu'il devra passer par des primaires en 2016 face à Alain Juppé l'autre fils politique de Jacques Chirac dont l'un des principaux soutiens s'appelle... François Bayrou !

Décidément certaines obsessions ne sont pas près de passer.

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