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Business 1 - France 0

2 min

Occupés et préoccupés par la privatisation partielle de l'aéroport de Toulouse en fin de semaine dernière, la plupart des media, n'ont pas consacré leur « une » à une information tout aussi capitale que représente l'exonération fiscale pour tous les évènements sportifs internationaux attribués à la France avant 2017.

Les députés ont voté cette disposition jeudi au petit matin dans le cadre du collectif budgétaire 2014 (article 24) et donc la société Euro 2016 SAS chargée de l'organisation commerciale du championnat d'Europe de football en 2016 en France sera totalement exemptée de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur le revenu au titre des bénéfices, de la taxe sur les salaires et des taxes d’apprentissage. Au nom de la sacro-sainte attractivité, la puissance publique va donc se priver de 150 à 200 millions d'euros de recettes selon une estimation de L'Humanité.

Pour être honnête et complet, on rappellera que le gouvernement socialiste tient là un engagement de la droite pris en 2010 au moment de l'attribution de l'euro 2016, Nicolas Sarkozy, François Fillon et François Baroin avaient promis ce régime d'exception mais la gauche est allé plus loin en l'étendant à d'autres compétitions sportives. Officiellement il s’agit d’éviter l'inconstitutionnalité, officieusement pour donner à Paris le maximum de chances d'accueillir les jeux Olympiques de 2024. Le Gouvernement fait du zèle...

Dimanche soir sur France 2 - avec le congrès du PS de juin 2015 à Poitiers en ligne de mire - Manuel Valls a voulu lisser son image social-libérale et après-demain il prononcera un discours sur les inégalités en France. Son sujet de dissertation est tout-trouvé : le 6 novembre dernier sur TF1, François Hollande a promis la fin des augmentations d'impôts à partir de 2015 mais avec l'instauration d'un régime fiscal dérogatoire pour les grandes compétitions sportives, la France carrément va devenir un paradis fiscal pour certains et dans certaines circonstances !

Pourtant, la France - et donc ses contribuables – a mis la main à la poche pour construire ou rénover les stades qui accueilleront les matches de l'euro 2016 pour plus de 2 milliards d'euros selon l'avocat Damien Lempereur. Ce proche de Nicolas Dupont-Aignant reprend le vieil adage déjà éprouvé après le sauvetage du système bancaire en 2008-2009 « les dépenses sont publiques mais les recettes seront privées » .

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