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Claude Bartolone, le frondeur intouchable

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Tout ce week-end les frondeurs et autres contestataires ont tonné contre le gouvernement. Socialistes, communistes, écologistes, dans les Landes ou dans le Gard, autour de Benoît Hamon ou d’Arnaud Montebourg.Mais le plus frondeur au PS parle moins fort et fait plus mal. Indécrochable de son perchoir tant que l’Assemblée Nationale est en place, Claude Bartolone publie cette semaine un livre d’entretien avec notre consoeur du Monde Hélène Bekmézian.

Lui aussi parle de VIème République : "Barto" propose la suppression du poste de Premier ministre, du droit de dissolution de l’Assemblée et du renversement du gouvernement par l’Assemblée. Il veut l’élection de 10 à 20% des députés à la proportionnelle qui seraient moins nombreux qu’aujourd’hui et devant lesquels le Président prononcerait une fois par an son discours sur l’état de la France.De l’intérieur, Claude Bartolone explique en quoi nos institutions sont à bout de souffle. Selon lui, la fin de la dissolution obligerait le président à expliquer chaque réforme pour souder sa majorité. Alors que Benoît Hamon reproche à François Hollande d'être plus dur avec la CGT qu'avec le MEDEF, le président de l'Assemblée rappelle que le CICE ne faisait pas partie des 60 engagements et donc que François Hollande aurait dû défendre devant le parlement cette mesure inattendue.Plusieurs fois Bartolone conditionne une nouvelle candidature du Président à coups de "s'il est candidat devant les Français en 2017" quand Montebourg fixe rendez-vous à 2016, comprenez pour la primaire. Et quand Cécile Duflot se proclame "plus socialiste que le Premier ministre" le député de Seine-Saint-Denis défend, certes, le socialisme de l'offre avant d'interpeller l'exécutif : "notre devoir c'est d'avoir des résultats et une vision (...) la gauche ne peut pas simplement faire reposer son discours sur un taux de croissance". Comme les frondeurs en off , il évoque publiquement un 21 avril 2017 et intitule son ouvrage Je ne me tairai plus . C’est la promesse qu’il s’était faite à lui-même après le 21 avril 2002, lui le ministre de la Ville de Lionel Jospin. Alors aujourd'hui, il parle... Aussi fort que Montebourg qui dénonce "le culte obsessionnel de la réduction des déficits" . Bartolone écrit à propos des 3% "vous ne rendrez jamais un peuple amoureux d'un pourcentage" . Ce déçu de la réorientation de l’Europe prononce un des réquisitoires les plus ciselés et donc les plus cinglants de cette première moitié de quinquennat. Un frondeur intouchable, respecté de l’opposition qui écrit "je ne fais pas une croix sur les centristes nous l'allons pas leur claquer la porte sur les doigts" et qui fraternise avec les jeunes députés socialistes. Le plus dangereux des frondeurs, donc.

Je ne me tairai plus Claude Bartolone avec Hélène Bekmézian, éditions Flammarion

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