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Comment bien choisir le Président de la République ?

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Le Sénat examinait hier soir une proposition de loi des radicaux de gauche visant à remplacer le quinquennat renouvelable une fois par un septennat non renouvelable. Les sénateurs n'ont pas eu le temps de voter le texte qui sera remis plus tard à l'ordre du jour, il a peu de chances d'être adopté mais le septennat unique, c'est une idée qui fait son chemin puisqu'une proposition identique a été déposée à l'Assemblée par un député UMP cosignée par 36 autres députés UMP, UDI et Front National.

Nous ne sommes que dans le troisième quinquennat de l'Histoire contre 122 ans de septennat mais le mandat de 5 ans semble avoir prouvé ses limites. Le quinquennat suivi un mois après par les législatives a encore présidentialisé le régime, il a déresponsabilisé le gouvernement et le Parlement. C'est un mandat trop court, un marathon électoral au rythme du sprint avec un scrutin par an en moyenne (européennes, cantonales, régionales, municipales) et une dernière année amputée par la campagne si le président se représente.

Le septennat non-renouvelable redonnerait de la hauteur au chef de l'Etat en lui redonnant du temps, il l'empêcherait de se disperser dans sa dernière année en faisant campagne pour être élu car, comme le dit Nicolas Sarkozy « le temps passé à vouloir durer, c'est du temps en moins pour travailler ». Bien sûr, il y aurait des législatives en cours de septennat mais cela permettrait cette « vérification démocratique » que François Hollande appelait de ses voeux en 2006 dans un livre d'entretiens avec Edwy Plenel. En effet, jusqu'ici, les municipales et les européennes qui ont tenu lieu de mid-terms n'ont pas influé sur la politique du gouvernement. La preuve, hier après-midi, l'Assemblée a adopté le Budget de 2015 malgré l'abstention de 37 députés frondeurs. Ce vote de justesse n'a plus rien d'un évènement politique, c'est dire si le quinquennat a déséquilibré les différents pouvoirs.

Comment bien choisir le Président de la République ?

« Oui au septennat non renouvelable » nous confie un secrétaire d'Etat en privé. Mais un autre secrétaire d'Etat s'exprime lui publiquement sur la question des primaires. Thierry Mandon souhaite l'organisation d'une primaire ouverte à gauche avec le PS les radicaux et les Verts pour désigner un candidat unique en 2017. François Hollande devrait s'y soumettre pour se « ressourcer » estime Thierry Mandon.

Mais le chef de l'Etat a-t-il vraiment tant de temps à passer dans une campagne interne ? Que se passe-t-il s'il n'est pas désigné ? Le risque de devenir un président démonétisé, paralysé serait grand, le président sortant deviendrait un prince consort, un président dont le quinquennat n'aurait duré que 4 ans.

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