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Comment l'Europe peut aider la France dans la lutte contre le terrorisme

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François Hollande a annoncé mercredi à Toulon que le rythme de réduction des effectifs de la Défense serait "revu et adapté" , comprenez qu'il y aurait moins de suppressions de postes que prévues - encore 7.500 programmées cette année - alors que le nombre de militaires a été divisé par deux depuis 1997.Oui, il est donc possible quand la situation l'exige, de moduler, d'adapter de temporiser le redressement des comptes publics et cela va continuer car si le gouvernement veut lutter efficacement contre l'islamisme radical et le terrorisme. En effet, il devra exercer pleinement ses missions regaliennes : la Défense, la Police, la Justice mais aussi la politique de la Ville et bien sûr l'Education nationale. Il n'y a là que des priorités auxquelles seule la puissance publique peut répondre, la puissance publique vers qui l'on se tourne quand tout va mal comme en 2008-2009 quand il avait fallu sauver le système financier au bord de l'effondrement.Bien sûr, l'on pourra toujours supprimer quelques doublons, rationaliser les fonctionnements mais c'est un fait, l'Etat et ses fonctionnaires seront en première ligne e cela va cdoûter cher. Il faudra même s'interroger sur certaines délégations de service public : la sécurité et le contrôle des bagages sont-ils vraiment assurés correctement par des sociétés privées dans les aéroports ?L'Union Européenne et les partenaires de la France doivent donc comprendre que cette mobilisation exige une autre doctrine économique et budgétaire. Il ne s'agit pas de laisser filer les déficits - ce qui reviendrait à lier l'avenir du pays au bon vouloir des marchés financiers - mais de réfléchir, par exemple, à une fiscalité plus équitable entre les 28 - plus écologique peut-être - pour aider les Etats dans leur lutte contre le terrorisme. Pourquoi ne pas réfléchir aussi à un nouveau mode de calcul des déficits en défalquant certaines de ces dépenses ? Et si l'Union européenne ne peut disposer de ses propres douaniers ou de sa propre armée, elle peut coordonner et financer un vrai contrôle aux frontières extérieures de l'Europe ou de vraies opérations militaires sur les terrains sensibles car au final, dans le Sahel, la France demeure bien seule.

Dimanche, avec tous ces chefs d'États dirigeants bras dessus bras dessous à Paris, l'Europe a montré un visage d'espoir et d'unité. La France a déjà pris ses responsabilités à l'extérieur, elle doit en assumer de nouvelles sur le plan intérieur. A l'Europe, désormais, d'assumer aussi ses propres responsabilités ou alors les coups de règle sur les doigts de la France qui ne tient pas ses engagements budgétaires deviendront franchement inconvenants.

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