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Douloureux lendemains de congrès

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C’est à croire que le congrès fondateur du parti Les Républicains à la Villette et le congrès du PS à Poitiers ont destin lié. Comme si le manque d'authenticité de ces deux évènements politiques perdurait.

Ce mardi Manuel Valls va annoncer qu'il recourt une nouvelle fois au 49-3 pour faire adopter la loi Macron, une loi « durcie » selon les frondeurs avec l'intégration de mesures en faveur des PME et TPE la semaine passée. Mais alors où sont passées les vibrantes promesses de Poitiers il y a 10 jours ce « rassemblement » auquel Manuel Valls allait « travailler toujours » ? Où est passée la certitude tranquille de François Hollande expliquant à des visiteurs que si la motion Valls-Cambadélis-Aubry l'emportait haut la main, c'en serait fini de la fronde parlementaire ?

Après le bon score de la motion A et plus encore celui de Cambadélis face à Christian Paul, les frondeurs semblaient décontenancés mais ils se sont réveillés lundi : "Le 49-3 en première lecture, après le débat c'est ‘cause toujours'. En deuxième lecture au début du débat c'est ‘ferme ta gueule" écrit par exemple Pascal Cherki. L'on avait bien raison de parler d'une unité et d'un rassemblement de façade à Poitiers, ce recours au 49-3 en est la preuve, le PS est toujours divisé et Valls n'est toujours pas le chef incontesté de la majorité.

A droite c'est un peu la même chose. Sifflets contre Juppé et Fillon, petites piques de ces derniers dans leurs discours, amabilités par télés et radio interposées, atermoiements autour de la place de NKM dans l'organigramme du parti Les Républicains n'ont pas affiché une grande unité et surtout Nicolas Sarkozy n'apparaît pas comme le chef incontesté de sa famille. Dans un sondage IFOP publié dimanche dans le JDD, Alain Juppé a dépassé pour la première fois Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote à la primaire de 2016. Bien sûr il faudra voir si la tendance se confirme dans d'autres études d'opinion et surtout, cela ne préfigure en rien le choix des électeurs concernés mais reconnaissons que juste après le congrès fondateur, ce n'est pas vraiment ce qu'attendaient les sarkozystes. Selon L'Opinion les chiffres d'adhésion aux Républicains seraient même « catastrophiques » , on est loin de l'autoroute sur laquelle Nicolas Sarkozy serait lancé à pleine vitesse, pour reprendre son expression relayée par ses amis.

La Villette et Poitiers n'ont donc pas eu la force propulsive nécessaire pour relancer la confiance à droite et au PS. Sarkozy et Valls doivent faire comme le petit robot Philae, ils doivent encore recharger les batteries.

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