LE DIRECT

Dur avec les forts et doux avec les faibles

2 min

Dur avec les forts et doux avec les faibles, voilà ce que nous sommes en droit d'attendre de ceux qui nous gouvernent et de ceux qui aspirent à nous gouverner pour redonner de la force aux plus faibles et affaiblir les plus forts.Oui, le temps d'un massacre, l'on est toujours plus fort kalachnikov et bêtise en bandoulière face à des journalistes armés de leur crayon, de leur stylo ou de leur ordinateur.Oui, le temps d'une sidération qui nous renvoie au 11 septembre ou à Mohamed Merah, l'on se sent faible face à cette violence et à certains débordements vengeurs sur les réseaux sociaux.Mais cela ne doit durer qu'un temps et dès aujourd'hui, il faut renverser la situation pour ressortir plus forts de cette tragédie. Les paroles et les actes des femmes et des hommes politiques sont donc essentiels.Ils doivent souligner encore et encore la monstrueuse faiblesse d'âme des tueurs. Expliquer qu'il ne suffit pas d'invoquer un prophète pour en devenir le représentant. Rappeler que si la justice de la République sait être équitable elle sera implacable.Les responsables politiques doivent se montrer à la hauteur de ces milliers de personnes descendues spontanément dans les rues hier, ou qui ont mis des bougies à leur fenêtre. Certains ont crié "je suis Charlie" d'autres ont chanté la Marseillaise, beaucoup se sont tus respectueusement. A Paris, un homme qui a ostensiblement déchiré un Coran a été hué et chassé du rassemblement.Et si pour une fois, les élus ne cédaient pas à leurs propres faiblesses et s'ils étaient capables, au-delà de quelques heures de deuil de cheminer ensemble ? 70 ans après, souvenons nous de ce qui s'est passé en 1945. Des conservateurs, des chrétiens-démocrates, des socialistes et des communistes côte à côte pour reconstruire la France et plus encore pour raviver l'idéal Républicain, une justice ordinaire pour éviter la contagion de l'épuration et la liberté de la presse.Parceque les victimes s'appellaient Stéphane, Philippe, Bernard, Georges, Bernard, Elsa, Mustapha, Michel, Franck, Ahmed et Frédéric, parce qu'ils étaient dessinateurs, correcteur, économiste, journaliste, psychiatre, policier, agent d'entretien, il n'y a pas à catégoriser et à crééer des antagonismes supplémentaires en France.Le seul clivage ce matin est entre les Républicains et les autres alors, que tous les républicains aillent défiler samedi à Paris pour une marche républicaine. Alors nous serons pas seulement plus forts, nous serons les plus forts !

► retrouvez notre dossier spécial « Nous sommes 'Charlie »

► retrouvez le programme de la journée spéciale « Parler contre la terreur »

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......