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Emmanuel Macron et "l’Europe-clivage"

2 min

Et si l'Europe était en réalité le vrai clivage qui fracture la classe politique française ? C'est par ce prisme qu'il faut regarder la dernière polémique autour d'Emmanuel Macron qui souhaite une réforme rapide de l'assurance chômage. Bien sûr il y a comme un air de couac. Il y a aussi - comme nous l'expliquions la semaine dernière - cette envie de Manuel Valls et donc désormais d'Emmanuel Macron de faire accélérer Hollande en estimant que le temps est compté.

Mais c'est bel et bien l'Europe qui dicte la conduite du ministre de l'économie et qui provoque les réactions qui en ont suivi. En effet, depuis la fin de l'été Manuel Valls fait la tournée des capitales de nos voisins pour dire en anglais, en allemand, en italien que la France n'est pas l'homme malade de l'Europe, qu'elle aime les entreprises, qu'elle va poursuivre "les réformes" comprenez répondre aux exigences de Bruxelles et faire des économies pour réduire les déficits.

Mais mercredi 15 octobre, la Commission de Bruxelles doit décider de valider, ou pas, le projet de budget de la France pour 2015. Alors, Emmanuel Macron présenté par le New York Times comme "un technocrate pas hostile au milieu des affaires" tente de rassurer les interlocuteurs européens de la France, de leur donner des gages, en promettant le grand soir de la réforme.

Manuel Valls, quand il est à Paris et qu'il parle en français, a beau clamer "c'est nous qui décidons du budget ", nous assistons à un nouveau transfert de souveraineté et nous avons confirmation que l'Europe est devenue la ligne de clivage de nos politiques publiques.

Sous la Vème République, à part l'alternance de 1981, tous les grands moments politiques ont été des moments européens : la rigueur de 83, Maastricht, la dissolution de 97, la constitution européenne. Même si les querelles de personnes restent importantes, le référendum de 2005 reste la matrice des débats actuels.

La progression du Front national de Marine Le Pen, la naissance du Front de gauche, le mouvement des frondeurs, les dissensions présentes et à venir à l'UMP ont pour toile de fond le débat européen. La clarté vantée par Manuel Valls lors du dernier remaniement n'a toujours pas eu lieu, la preuve avec ce débat relancé hier par Emmanuel Macron qui divise une la gauche. Si les lignes doivent réellement bouger un jour - au-delà d'accommodements de circonstances - ce sera sur cette question européenne.

Tant que les gouvernements français mettront genou à terre à Bruxelles et Berlin puis reviendront bomber le torse à Paris, cet entre-deux, sera pour eux la cause de bien des maux.

L'équipe
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