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Emmanuel Macron, vrai-faux candide au Parlement

3 min

Avec 200 articles et près 3.000 amendements étudiés, la loi Macron arrive à terme ce mardi à l'Assemblée Nationale.

On en connaît le contenu - travail du dimanche, transport en autocar, réforme des prudhommes, professions réglementées - mais depuis le 12 janvier et la première réunion de la commission spéciale sur son texte, Emmanuel Macron a su mettre en place une méthode très personnelle.

"C'est une vraie révélation. Sa nomination était un coup médiatique mais après il ne s'est pas cassé la gueule" confie un député PS vieux routier du Parlement visiblement impressionné. Le travail en commission a duré 82 heures pendant 7 jours non-stop dimanche compris, en présence du ministre matin midi et soir, carburant au café et toujours d'humeur égale nous dit-on. "Généralement, les ministres ont peur des commissions spéciales mais lui semblait heureux d'être là" raconte un parlementaire. La méthode fut la même en séance publique avec des débats relayés en temps réel par son service de presse via les réseaux sociaux et par des envois d'e-mails réguliers aux journalistes pour les tenir au courant de l'évolution du texte article par article. "Oui, il donne de sa personne" précise un député frondeur "il est bosseur et avenant mais je n'adhère pas à ce storytelling d'une co-production inédite sous la Vème république... Emmanuel Macron n'a pas affronté ceux qui lui résistaient vraiment. "

Les frondeurs ? "Ils voulaient nous pousser au 49-3 mais ils ont compris et ils sont mal" confie un rapporteur qui pronostique une vingtaine d'abstentions socialistes et très peu de votes contre. Un frondeur évoque au-contraire 20 à 30 votes contre et quelques votes positifs à droite.

Dans l'hémicycle, Emmanuel Macron a parfois joué du mea-culpa - "je me suis trompé sur les professions reglementées" - des propos assez inhabituels à ce niveau et dans cette enceinte qui l’a vu reculer sur le secret des affaires ou le corridor tarifaire des notaires. Le ministre de l’Economie en a profité pour remercier les parlementaires de lui avoir ouvert les yeux - un peu de démagogie ne fait jamais de mal - pourtant les Verts et les Communistes trouvent le travail bâclé, oui, il y a eu beaucoup de débats mais au final peu de temps a été passé sur chaque amendement. Un frondeur ajoute : "le gouvernement n'a fait aucune concession politique, quand il cède c'est aux notaires, Emmanuel Macron n'a renoncé à rien" . Sans oublier qu'Emmanuel Macron a suscité la jalousie de certains de ses collègues ministres pour finalement pas grand'chose. François Hollande n'a-t-il pas déclaré que ce texte "n'était pas la loi du siècle" ? L'on ne va quand même pas sétonner que dans notre Vème République si verticale, si autoritaire et si présidentielle, un parlement vote un texte du gouvernement qu'il soutient.

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