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François Hollande et le boulet du chômage

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La nouvelle hausse du chômage annoncée lundi est d'abord une mauvaise nouvelle pour les personnes concernées mais politiquement parlant, c'est une mauvaise nouvelle pour François Hollande. Malgré quelques bonnes nouvelles politiciennes - le congrès du PS ou les bisbilles Duflot-Mélenchon - le chômage est comme un nœud coulant autour d'un Président qui rêve de repartir en campagne.

Chaque mois depuis mai 2012, le président et ses ministres trouvent des raisons d’être optimiste et ils ne sont jamais à court d'idées comme François Rebsamen lundi soir : "le constat n'est pas satisfaisant mais il est encourageant" .

François Hollande a personnellement lié son sort au taux de chômage. D’abord, il a confié le ministère de l'Emploi à deux de ses proches : Michel Sapin puis François Rebsamen. Ensuite, le contrat de génération qui constituait l’une des propositions-phares du candidat Hollande est fiasco selon Mediapart et enfin, il affirme que si le chômage ne baisse pas il ne sera pas candidat à un second mandat en 2017. Voilà qui fait dire à un ancien ministre socialiste cité par le JDD que si les sondages restent aussi mauvais après les régionales de décembre 2015, les députés vont demander à Manuel Valls d’y aller à sa place.

Au-delà du sort personnel de François Hollande qui pourrait perdre son poste actuel dans deux ans, il est aussi question de sa politique. Depuis plusieurs mois le gouvernement se réjouit de "l'alignement des planètes" c'est à dire une série d'indices favorables (change euro/dollar, prix du pétrole, taux d'intérêts, croissance plus forte au premier trimestre qu’en Allemagne) et pourtant… rien ! Le chômage ne se stabilise pas, il bondit et chaque jour l'on constate la dissociation entre les bonnes nouvelles "macro" et les mauvaises nouvelles "micro". Dissociation entre ces statistiques désincarnées devenues si importantes pour les gouvernements et la vie des gens, un piège pour une gauche qui vante "l'économie réelle".

La politique des allègements pour les entreprises ne paie pas, le CICE et le pacte de responsabilité n'ont pas eu d'effet pour l'instant. Le ministre de l'Emploi parle d'un "décalage " entre ces mesures et la baisse du chômage mais à force de décaler on va se retrouver en 2017. La droite en profite pour marteler ses arguments, à une semaine tout juste de la conférence sociale, Valérie Pécresse (LR) ou Philippe Vigier (UDI) regrettent que Manuel Valls ne veuille pas réformer et assouplir le contrat de travail, comprenez mettre fin au CDI…

C'est le paradoxe de la situation dans un pays où 83,9% des embauches se font en CDD, le patronat et l'opposition expliquent qu'il y a encore trop rigidités. Que pour entrer dans l'emploi il faut pouvoir en sortir facilement. Imaginez cela transposé dans la vie amoureuse : les gens ne se marient plus ? On va faciliter le divorce !

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