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François Hollande : voyager pour exister

3 min

A écouter François Hollande, le planning n'a rien de "frénétique" . Mais avec le G7 en Allemagne lundi, une commémoration à Tulle mardi, un sommet européen à Bruxelles mercredi, la réunion à l'OIT à Genève jeudi, Nantes Angers et Vitry-sur-Seine pour le congrès de la Mutualité et pour parler économie numérique vendredi, les 24 heures du Mans samedi, Vinexpo à Bordeaux hier, le salon du Bourget puis un aller-retour à Alger ce lundi, le chef de l'Etat a concentré en une semaine tout ce qui existait en matière de déplacements présidentiels.

Depuis Carcassonne il y a bientôt un mois, François Hollande semble avoir franchi un palier. Dans sa façon de parler, de se tenir, il se lâche, il se délie, il se laisse aller, comme s'il lui fallait s'extraire du cadre compassé du discours présidentiel pour renouer avec celui tellement plus convivial et stimulant de la réunion publique.

Mais François Hollande est-il pour autant en campagne ou en pré-campagne ? "Je suis en campagne d'explication " explique-t-il en privé alors le voilà sur les routes pour expliquer ce qui a été fait depuis 3 ans et à quoi cela va servir. Il essaie au jour le jour de construire le récit réel du quinquennat qui lui manque depuis quasiment le début, depuis que les Français ont compris que les deux parties du mandat redressement puis redistribution ne seraient pas aussi nettes. Mais à saturer l'agenda et l'espace politiques, le risque est grand d'enchaîner les séquences sans cohérence, sans ligne directrice et sans perspective. Que retiendra-t-on de tous ces déplacements ? Quel message ? Un coup d'œil rapide sur les comptes-rendus de ces déplacements nous apprend que François Hollande a vu Fillon samedi et Juppé dimanche, qu’il a été sifflé aux 24 heures du Mans, qu'il n'a pas reconnu un acteur de la série américaine Grey's anatomy, qu'il a tenté une improbable synthèse à Bordeaux en défendant sans le dire tout en le disant la loi Evin devant… des viticulteurs !

Pourtant le message n'est pas l'essentiel, François Hollande a aussi besoin d'exister. Les sondages où les français disent ne pas souhaiter sa candidature en 2017 s'enchaînent, l'idée d'une primaire continue de flotter au PS qui ne tranchera la question que l'année prochaine alors le chef de l'Etat voyage, certain d'avoir une exposition médiatique maximale comme pour dire "je suis là, je fais partie du jeu, il faut compter avec moi". François Hollande ne lance donc pas sa campagne électorale, il est plutôt dans une campagne de re-légitimation, lui si bas dans les sondages et dont la famille politique a perdu toutes les élections intermédiaires, lui surtout qui a conditionné une future candidature à une décrue du chômage qui ne vient toujours pas.

François Hollande mène d'autant moins dans une campagne durable que l'agenda ne s'y prête pas. Entre les départementales en début d'année et les régionales en fin d'année qui exigeront qu'il se mette en retrait, entre les vacances d'été puis l'agenda international de l'automne, les fenêtres sont finalement étroites : "si je n'utilise pas la période jusqu'au 14 juillet puis la période de la rentrée, je ne parle plus" confie le chef de l'Etat à ses visiteurs. Aujourd'hui en politique penser ne suffit plus, pour exister il faut parler et pour parler il faut voyager. Mais il faudra aussi entendre.

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