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Front national : de la PME à la multinationale

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Le Parlement européen a annoncé avoir saisi l'organisme anti-fraude de l'UE, l'Olaf, pour d'éventuelles irrégularités financières commises par le Front national et concernant des salaires versés à des assistants parlementaires européens.
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Marine le Pen au soir de la victoire du Front national aux européennes du 25 mai 2014 Crédits : Christophe Morin

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Ce n'est qu'une enquête préliminaire mais elle est inédite par son ampleur : le parlement européen a ouvert une procédure sur 20 assistants parlementaires du Front National au Parlement européen dont le président Martin Schultz se demande s’ils travaillent travaillent vraiment pour l'institution ou et pas uniquement pour le Front National, notamment aux cabinets de Marine et Jean-Marie Le Pen. Immédiatement, les ténors du parti d'extrême-droite sont montés au créneau, rappelant la présomption d'innocence dans une enquête qui ne fait que démarrer, et dénonçant surtout une opération politique.

Mais ces investigations prouvent déjà que le Front National, parti auto-proclamé « anti-système » sait se fondre dans le système. L'année dernière, Marine Le Pen promettait de « détruire l'Union Européenne de l'intérieur » mais finalement, siégeant parmi les non-inscrits, peu active sur les dossiers et peu assidue en commission, elle ne détruit pas l'Europe, elle la siphonne. Au total sur la législature, les 20 assistants parlementaires concernés coûteront 7,5 millions d'euros au budget européen.

Déjà, à l'été 2012, la présidente du FN avait dû répondre à une procédure interne pour avoir employé son compagnon Louis Alliot comme assistant parlementaire sur un temps partiel de 17,5 heures par semaine payées 5 006,95 euros bruts par mois. L'avocate Marine Le Pen avait alors expliqué qu'elle n'était ni marié ni pacsée avec Louis Alliot et qu'il n'y avait donc pas de conflit d'intérêt…

En France, les élus frontistes savent aussi se couler avec délice dans le confort du système. Ils sont contre le cumul des mandats, mais le maire d'Hénin-Beaumont est devenu député européen et celui de Fréjus sénateur, avec à chaque fois les collaborateurs qui aident à professionnaliser le parti pour tenter d'en faire un parti de gouvernement. Après des mairies, des sièges à l'Assemblée, au Sénat, à Strasbourg et Bruxelles voilà pourquoi Florian Philippot juge les départementales à venir « fondamentales » . Il y a bien sûr le score final et l'espoir d'être à nouveau le premier parti de France mais aussi les indemnités et les personnels qui permettent à d'éventuels nouveaux élus FN de se lover dans ce système finalement pas si dégoûtant, pour que le parti passe de la PME familiale à la multinationale de la politique.

Florian Philippot, vice-président du parti mérite la palme de la franchise, du cynisme et du bon mot après l'ouverture de cette enquête préliminaire : « Dans le fond, Schultz a raison... Nos assistants ne travaillent pas pour l'Union Européenne mais contre elle » . Au-moins, dans le cas présent, reste-t-il cohérent.

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