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Front National : être in ou être out ?

3 min

C'est toujours la question à l'extrême-droite : comment glaner de nouveaux électeurs en se démarquant de l'UMPS et de "l'établissement" ? Et comment se donner l'image d'un parti de bonne gestion et de bon gouvernement un an après les municipales ?

La semaine passée, à l'occasion des marches républicaines, Marine Le Pen était out , hors-système un peu à cause des petits calculs de certains socialistes, beaucoup à cause de son propre ressentiment préférant défiler à Beaucaire dans le Gard, loin de la capitale, loin de sa terre d'élection du Pas-de-Calais.

Alors cette semaine, elle est in . Lundi matin elle fait savoir qu'Aymeric Chauprade n'est plus son conseiller aux affaires internationales, ce dernier ayant parlé dans une vidéo d'une "cinquième colonne" islamiste au sein de la société française. "La responsabilité d'un mouvement politique, c'est d'éviter l'engrenage du choc des civilisations. Il faut l'éviter" déclare même Marine Le Pen sur... France Inter, une radio de service public qu'elle qualifiait encore de "radio Bolcho" il y a un an et demi.

Mais finalement, l'appétence pour le système vaut bien de se traîner dans les studios de Radio Bolcho ou bien d'assister aux 70 ans de l'Agence France Presse lundi soir, tout sourire et tout éclat de rire avec le tout-Paris médiatico-politique ou bien encore de désavouer son conseiller qui devait repenser la doctrine du FN en politique étrangère et apporter de la crédibilité à ce parti d'origine protestataire et structurer sa pensée.

Le paradoxe est là : souvent ceux qui pèchent autour de Marine Le Pen, sont "ses prises de guerre" qui ne venaient pas forcément de l'extrême-droite et qui étaient censés la notabiliser. Aymeric Chauprade, donc, mais aussi son chef de cabinet Philippe Martel, ancien collaborateur d'Alain Juppé qui reprend à son compte la théorie du "grand remplacement", Paul-Marie Coûteaux (ancien militant socialiste devenu gaulliste, séguiniste et chevènementiste, proche un temps de Philippe de Villiers puis Nicolas Dupont-Aignant) qui a finalement claqué la porte du Rassemblement Bleu Marine, Sébastien Chenu, ex-collaborateur de Christine Lagarde puis soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet qui a surtout rallié la galaxie FN car vexé de n'avoir pas été investi par l'UMP aux municipales à Paris l'année dernière.

Dans le système, hors du système, rejointe avant tout par des aventuriers de la politique en mal de reconnaissance, Marine Le Pen tente donc de tenir la ligne de crête, in ou out , les deux à la fois malgré les provocations répétées de Jean-Marie Le Pen. Mais au final, la respectabilité d'un parti est sa capacité à exercer ses mandats. Le FN a été incapable de former un groupe au parlement européen mais il gère une quinzaine de mairies depuis bientôt un an. Le mouvement compte beaucoup sur les régionales de décembre 2015 et Jean-Marie Le Pen tête de liste en PACA pourrait l'emporter. Difficile alors de mettre le père complètement out .

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