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Grèce, la mécanique du pire

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Dans le dossier grec, on a l'impression qu'une mécanique s'est enclenchée. Une mécanique qui conduit petit à petit, et inéluctablement, la Grèce à sortir de la zone euro...

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Radeau de la méduse de Théodore Géricault - peinture de 1818/1819 Crédits : Radio France

Avec d'un côté, 18 pays de l'euro-zone, derrière l'Allemagne, qui exigent des réformes en échange de l'aide financière réclamée par la Grèce.

Et de l'autre, un premier ministre grec, Alexis Tsipras, présenté comme fantasque, pas vraiment responsable, qui essaie de jouer avec ses partenaires européens pour obtenir qu'ils continuent à financer une économie à l'agonie.

Et tout ça est présenté comme étant le fruit d'un affrontement idéologique entre des créanciers plutôt libéraux qui en ont marre de payer, et un pays, la Grèce, qui a désormais basculé à l'extrème gauche et qui voudrait conserver un Etat dispendieux sans avoir à se réformer...

La réalité pourrait bien être toute autre ...

C'est ce que laisse entrevoir l'analyse du journaliste Romeric Godin, dans deux articles publiés hier, sur le site internet du journal économique "La Tribune"...

La question n'est pas de savoir s'il faut réformer le pays. Tout le monde est d'accord là-dessus, à commencer par Alexis Tsipras. Non. Tout tournerait, explique-t-il, autour de la question de la restructuration de la dette grecque.

Elle atteint aujourd'hui 177% du PIB. Le niveau des remboursements est intenable. Car il oblige la Grèce à dégager des excédents primaires pour essayer de la rembourser, ce qui asphyxie encore un peu plus son économie déjà à l'agonie et conduit cette dette à se creuser encore davantage.

C'est la raison pour laquelle Tsipras réclame une restructuration, c'est à dire l'annulation d'une partie de cette dette pour pouvoir relancer la machine. C'est d'ailleurs la conclusion à laquelle sont arrivés les analystes du FMI, le Fonds Monétaire International.

Or, Angela Merkel ne veut pas entendre parler. Pourquoi ? Parce qu'elle a promis aux allemands, quand elle était en campagne électorale, qu'ils ne paieraient pas un euro de plus pour la Grèce. C'est la dessus qu'elle a été élue et c'est toujours ce que réclame une grande majorité de l'opinion en Allemagne.

Et si elle dérogeait à cette rigueur qu'on lui réclame, elle prendrait le risque de l'impopularité. Elle pourrait être mise en minorité. Il faudrait alors choisir un autre chancelier, partisan de la ligne dure, à l'aile droite donc de la CDU.

Or sur cette aile droite, certains se demandent s'il ne faudrait pas envisager une sortie de l'Allemagne de la zone euro parce que ça bride son économie.

Et c'est ce que craignent, par dessus tout, tous les autres membres de l'euro-zone. Les pays du Nord, les pays de l'Est, mais aussi la France, l'Espagne, l'Italie.

Et sur cette question, Angela Merkel fait figure de bouclier qu'il faut maintenir à tout prix. Le prix étant qu'il est peut-être préférable de sacrifier la Grèce pour conserver l'Allemagne...

Au final, ça nous donne un grand théâtre d'ombres où l'on fait semblant d'essayer de négocier. Où on laisse petit à petit l'économie grecque s'effondrer et la Grèce sortir d'elle-même en l'accusant de tous les maux.

C'est la mécanique du pire. Celle d'un darwinisme économique qui considère que les plus faibles sont condamnés à mourir...

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