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Hollande en terre inconnue, par Stéphane Robert

2 min

Comment va-t-il pouvoir recoller les morceaux, François Hollande, lui, l'homme de la synthèse qui a présidé aux destinés du PS pendant 10 ans ? Comment va-t-il conserver sa majorité ?Car la tension est à son comble après la folle semaine que vient de vivre le parti socialiste.C'est Martine Aubry qui lance la première salve, le week-end dernier, appelant à un changement de politique. Aubry suivis par les Frondeurs à l'Assemblée. 39 députés socialistes s'abstiennent lors du premier vote sur le budget 2015. Parmi eux, 2 anciens ministres, Aurélie Filipetti et Benoit hamon.Benoit Hamon qui fait dans la surenchère, mercredi, expliquant que la politique menée par François Hollande et son gouvernement est une "menace pour la démocratie".Ce qui a pour effet de réveiller les ardeurs belliqueuses du bouillant premier ministre. Il faut en finir dit-il avec cette "gauche passéiste qui n'aurait pas abandonné son surmoi marxiste".Le porte parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, lui emboite le pas, demandant à Benoit Hamon de quitter le parti.Parti dont il faudrait changer le nom, poursuit Manuel Valls. Ne plus l'appeler "socialiste". Et le premier ministre de faire un appel du pied aux centristes pour constituer un grand rassemblement des forces progressistes.Lesquels centristes l'ont renvoyé dans ses cordes. Je ne participerai à aucune "manoeuvre d'appareil" a répondu François Bayrou. Jean Christophe Lagarde pour l'UDI a rétorqué que "le Centre n'était pas une variable d'ahustement d'une gauche en perdition".De l'autre côté, pour de nombreux socialistes, la démarche ne passe pas. "C'est à Valls de quitter le parti" tranche Christophe Perny, président du Conseil Général du Jura, sinon nous finirons dans l'opinion "avec le score de Manuel Valls aux primaires socialistes, moins de 6%" ...Bref, la famille se déchire. Et on se demande bien quel scénario permettrait d'en sortir ?En tous cas, le PS est en pleine zone sismique. Il est traversé par des séismes de plus en plus fréquents et de plus en plus inquiétants. Et ça n'est pas fini...Prochaine secousse à venir : les élections cantonales. A priori au mois de mars. Le PS espère conserver au mieux une trentaine de départements. Ca ne va rien arranger au traumatisme. A venir également, le congrès du PS, qui doit se tenir selon les statuts à mi-mandat. Aucune date n'est encore fixée mais il parait difficile d'y échapper. Et comment Hollande pourra-t-il continuer à gouverner si sa ligne est mise en minorité ?Autre déflagration à venir : les élections régionales en décembre 2015. "On pourra peut-être conserver 3 régions" expliquent, l'air un peu dépité, plusieurs responsables socialistes.Et face à ces catastrophes annoncées, impossible pour François Hollande d'infléchir sa politique. Il a déjà bien du mal à faire accepter son budget au niveau européen. L'Elysée a confirmé hier soir qu'il avait bien reçu une demande d'explications de Bruxelles. Alors bien sûr, les institutions sont solides. Bien sûr, le gouvernement peut utiliser le 49.3 si jamais il n'a plus de majorité.Mais tous ces petits tremblements de terre politique qui secouent le parti socialiste ont aujourd'hui fait apparaitre une faille inquiétante. Et ceux qui s'annoncent dans les mois à venir pourrait bien déclencher un séisme majeur.En tout cas, on voit mal comment, dans ces conditions, le chef de l'Etat pourrait encore tenir deux ans et demi...

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