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Hollande, Valls et les querelles d’agenda

2 min

A l’Elysée les conseillers de François Hollande nous avaient promis dès le début du quinquennat que c’en était fini des « séquences » présidentielles façon Sarkozy. Finies ces déplacements et ces discours thématiques liés non-pas à l’actualité, à la marche du monde ou de notre pays, mais décidés en fonction du message à faire passer.

A Matignon, pas de promesse de ce genre, bien au contraire. Manuel Valls adore ça. Reprenons la semaine qui s’échève : dimanche midi diffusion d’un long documentaire sur France 2, dimanche soir 20h00 de France 2, lundi et mardi voyage à Prague avec quelques confidences distillées aux journalistes, mercredi matin la conférence de presse à l’Elyée pour défendre la loi Macron, mercredi soir le grand discours sur l’égalité à la Fondation Jean-Jaurès avant de conclure en beauté ce vendredi avec un séminaire gouvernemental pour évoquer l’agenda des réformes.

En novlangue de cabinet ministériel, l’on nous explique que cet agenda reprendra « la liste complète des réformes pour 2015 sous forme de calendrier thématique » et qu’il s’agit d’un « exercice de pédagogie et de cohérence » .

Mais pourquoi un tel activisme ? Pourquoi un tel déploiements ? Quels sont les enjeux pour Manuel Valls ? Dimanche dans le JDD et lundi dans Libération, plusieurs articles croient savoir que François Hollande compte bien se représenter et qu’il a donc besoin de reconstituer son socle à gauche. Le Président a son agenda bien à lui : après 2015 et ses probables débâcles électorales pour la majorité, il devra rassembler autour de lui les socialistes et si possible le reste de la gauche face au risque d’un nouveau 21 avril. Or Manuel Valls n’est pas forcément le meilleur coéquipier pour rassurer cette gauche perdue, même si le Premier ministre est plus populaire que le chef de l’Etat dans les sondages.

Les deux têtes du pouvoir sont donc entrées dans une lutte d’influence. « je suis le chef de la majorité, je serai premier ministre jusqu’à 2017, je suis de gauche » nous a dit Manuel Valls cette semaine… comme si tout cela n’allait pas de soi...

Les deux hommes ne sont pas rivaux - en privé même les ministres les moins « vallsistes » reconnaissent que l’exécutif fonctionne bien mieux qu’à l’époque de Jean-marc Ayrault - simplement, François Hollande n’aura peut-être pas besoin de Manuel Valls jusqu’au bout. Alors, en saturant l’espace, le Premier ministre veut montrer au Président, en prenant les français à témoin, qu’il est incontournable.

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