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Je suis Syriza mais je pense à moi

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Dimanche les Grecs élisent leur parlement et selon les derniers sondages, le parti de gauche Syriza semble bien placé pour finir en tête autour de 36% des voix contre environ 30% à la droite.

De plus en plus d’élus de la gauche française sont de plus en plus nombreux à se revendiquer de Syriza avec par exemple ce meeting lundi soir à Paris avec Jean-Luc Mélenchon, Cécile Duflot et certains socialistes comme le député européen Guillaume Balasse. Même Claude Bartolone et Jean-Christophe Cambadélis souhaitent la victoire "de l'ensemble de la gauche en Grèce" anticipant une victoire relative de Syriza alors que le PASOK se porte déjà volontaire pour former une coallition. Le président de l'Assemblée Nationale juge même le programme de Syriza "social-démocrate" .

Chacun, à sa façon, nous dit donc "je suis Syriza" mais chacun pense d'abord à sa petite boutique. Cambadélis, le théoricien de la gauche plurielle en 1997 qui veut réunir tous les partis de gauche dans le sillage du PS Mélenchon qui dit construire un "arc de force" réunissant le front de gauche, les verts tendance Duflot et des socialistes frondeurs - mais sans le PS - et les autres Verts comme François De Rugy ou Jean-Vincent Placé qui préfèrent marcher avec le PS et qui assurent que Syriza a vocation à gouverner aussi avec des centristes !

En réalité, on ne peut pas transposer l'expérience Syriza à notre pays où les situations politique, économique, budgétaire et sociale ne sont pas les mêmes. Le PASOK est crédité de 3 à 5% des voix et surtout les modes de scrutins ne sont pas les mêmes avec en France le scrutin majoritaire à la présidentielle et aux législatives.

Il faudrait donc une progression prodigieuse du Syriza à la française dont rêve Mélenchon pour qu'elle puisse accéder au pouvoir. Sans oublier que Syriza cherche à conquérir aussi une partie de l'électorat de droite, conservateur et religieux et a donc fait des concessions : plus question de sortir de l'euro, plus question d'un effacement de 60% de la dette mais d'une renégociation.

La situation est donc complexe, même Marine Le Pen semble nous dire "je suis Syriza" en souhaitant la victoire de ce parti. Cela n'a pas plu aux cadres de Syriza qui ont un programme totalement différent en matière d'immigration.

Même si les soutiens plus ou moins sincères de Syriza en France proclament avoir la même vision de l'Europe qu'Alexis Tzipras, ce dernier n'aura pas besoin d'eux en priorité s'il arrive au pouvoir. Il devra d'abord convaincre Hollande et Renzi pour espérer faire bouger Merkel et Junker.

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