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L'omelette ou l'alternance

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Depuis une trentaine d'années, les institutions aidant, la France connaît une hyper-alternance faite d’une succession de coups de barre de gauche à droite puis de droite à gauche.
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La chorale de l'UMP peine à s'accorder Crédits : Gonzalo Fuentes

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Dans une interview-fleuve publiée dans Le Point François Fillon pourquoi il n'est pas d'accord avec François Bayrou, pourquoi la création d'un grand pôle central est délicate pour la démocratie. Selon lui, l'alternance est l'un des éléments constitutifs de la démocratie et sans le clivage droite-gauche habituel la seule solution de rechange se trouverait chez les extrêmes. Fillon n'adhère donc pas au théorème de « l'omelette » d'Alain Juppé, on coupe les bords de l'omelette pour n'en garder que le coeur.

Sauf que depuis une trentaine d'années, les institutions aidant, la France connaît une hyper-alternance faite d’une succession de coups de barre de gauche à droite puis de droite à gauche. Au niveau national, les mandats commencent par des mesures symboliques souvent très marquées idéologiquement avec détricotage des prédécesseurs avant de se ranger dans les clous de Bruxelles et de mener une politique de réduction de la dépense publique à courte vue. Au niveau local, les collectivités sont devenues des guichets, quasiment des prestataires de service pour un état qui décentralise les compétences sans décentraliser les moyens. Alors, dans l'électorat, naît le sentiment que ce sont « tous les mêmes » que « droite et gauche c'est pareil ».

Après les municipales, les européennes et les sénatoriales, la gauche a subi aux départementales une nouvelle défaite de la même façon que sous Nicolas Sarkozy la droite avait perdu les sénatoriales, les municipales, les cantonales et les régionales. Ce mouvement de balancier n'est pas nouveau - souvenons-nous des municipales de 1983, des cantonales et des régionales de 1992 sous Mitterrand et des mêmes scrutins sous Jacques Chirac en 2004 – avec à chaque fois des gifles pour la majorité. Sous Hollande, l'histoire se répète avec à chaque scrutin un Front National et une abstention toujours plus forts. Le passage au quinquennat sans vraie réforme territoriale a emballé le système avec en moyenne un scrutin par an amplifié, affolé par les réseaux sociaux et les chaînes d'information continue.

Dans ce contexte, la théorie de François Fillon se retourne : l'alternance sécrète la montée de l'extrême-droite, l'abstention affaiblit les partis de gouvernements toujours légaux mais de moins en moins légitimes. L'hyper-alternance lessive la démocratie comme les pluies trop abondantes après une canicule lessivent les sols. Le sol n'est plus fertile.

Déjà Nicolas Sarkozy promet : « l'alternance est en marche rien ne l'arrêtera » . Quel sera le choix des électeurs ? Dupliquer les schémas précédents et élire la droite en 2017 ? Faire mentir la science politique et réélire François Hollande ? Envoyer tout ballader et s'offrir une véritable alternance avec Marine Le Pen ? On serait alors très loin de l'omelette d'Alain Juppé mais on marche sur des oeufs.

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