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La fin des promesses ?

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Il s'est passé quelque chose d'assez ahurissant hier. Michel Sapin le ministre de l'économie et des finances a opéré deux volte-faces, l'une et l'autre étant par ailleurs inconciliables.

D'abord la France ne tiendra pas ses engagements de réduction des déficits : moins 4,4% cette année contre une promesse de 3,8% et moins 4,3% en 2015 contre une promesse de 3%.

Mais en même temps, Michel Sapin a lui-même démenti ses propres propos de la semaine passée en promettant que, finalement, la France allait bien économiser 21 milliards d'euros l'année prochaine soit le montant du CICE qui entre dans sa vitesse de croisière.

Résumons : l'Etat réduit les cotisations-entreprises et doit donc réaliser les économies équivalentes mais au final, le déficit et le chômage continuent d'augmenter et la croissance se rabougrit. Sauf qu'il n'y a pas d'autre politique possible nous dit-on et que les résultats, c'est promis, viendront plus tard : "nous avons cassé la spirale infernale de la dégradation de la compétitivité française" déclarait par exemple François Hollande avant-hier.

On ne demande qu'à le croire mais la fin de la croissance que nous prédit par exemple la sociologue Dominique Méda, c'est aussi la fin des promesses actuelles : diminer les impôts, les dépenses et le chômage et faire augmenter la croissance, tout cela est contradictoire et intenable... Intenable comme nous l'explique "Le Parisien" ce matin consacré à "l'overdose fiscale". La seule promesse tenable, c'est qu'Hollande obtnienne un nouveau délai de Bruxelles pour réduire les déficits comme la Commission lui en avait déjà consenti ainsi qu'à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. C'est la promesse la moins difficile à tenir, c'est aussi celle qui aura le moins d'impact sur les français et sur les députés invités à voter la confiance au gouvernement mardi prochain.Hier Bruxelles a demandé à la France de présenter des "mesures crédibles". A croire que la réforme du marché du travail, le CICE, le pacte de responsabilité et les promesses de réformer le mille-feuille territorial et les professions réglementées n'en sont pas. A croire que le non-remplacement de 4 employés sur 5 à la Poste ou 7 sur 10 à la SNCF ne sont pas des efforts.

Bruxelles va donc surveiller Paris de très très près. Un éventuel nouveau délai contre des mesures "crédibles" et Pierre Moscovici à Bercy jusqu'en avril 2014, sera l'interlocuteur de son successeur Michel Sapin. Encadré par deux collègues cerbères de l'orthoxie budgétaire - chargés l'un de l'euro, l'autre de l'emploi et de la croissance -Moscovici commissaire européen à l'économie devra faire faire ce que lui n'a pas su faire, faire tenir les promesses que lui n'a pas su tenir.

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