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La fin d'une époque

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Les merdes ne volent plus en escadrille comme disait Jacques Chirac, pour François Hollande c'est un escadron, une flotille, une armada, c'est la grande armée des emmerdements. Neuf jours après, le remaniement paraît bien loin et le livre de Valérie Trierweiler se retrouve presque eclipsé par la démission de Thomas Thévenoud.

C'est une démission qui fait mal.

Car l'Elysée a tenté de minimiser l'affaire. Dans son communiqué hier soir la présidence évoque une démission pour "raisons personnelles" mais très vite Le Point annonce que le secrétaire d'Etat a dû partir pour "problèmes fiscaux". Mediapart confirme : il ne déclarait pas ses revenus depuis plusieurs années et le fisc a lancé une procédure de prélèvement à la source, pas très glorieux pour un député membre de la commission Cahuzac devenu vice-président de la mission d'information sur la fraude fiscale et qui critiquait "l'optimisation fiscale de Mac Donald's ou "l'évasion fiscale des rockers".

Il est pourtant devenu secrétaire d'état, montrant au passage l'inefficacité de la nouvelle loi sur la transparence, mélange de grand déballage et d'inefficacité complète car le contrôle arrive après la nomination et donc n’évite aucun scandale.

A Strasbourg, le parlement européen auditionne les commissaires européens avant leur nomination. A Washington, les futurs ministres américains passent sur le grill du Congrès avant d'entrer au gouvernement. A Paris l’Assemblée n'a pas un mot à dire. Ou plutôt si : on lui pose la question globale de la confiance mais si elle n'est pas votée, le gouvernement démissionne et il y a dissolution.

Nous sommes bel et bien à la fin d'une époque car l'Elysée croit encore que la presse et le peuple vont gober la thèse des "raisons personnelles"… La fin d'une époque car aujourd'hui, le Président omniscient, à l'abri de la justice, du parlement et du conseil constitutionnel n'est plus adapté à son temps. Il n'impressionne plus grand monde : ni ses ministres, ni son ex, ni un jeune député qui accepte d'entrer au gouvernement alors qu'il ne paie pas ses impôts, ni les Français. Selon un sondage TNS SOFRES pour le Figaro Magazine, 13% des sondés font confiance à François Hollande et 30% à Manuel Valls qui perd 14 points en 2 mois. Le PS, l'UMP, les Verts le Parti communiste sont au plus bas depuis 2002. C'est une tendance lourde depuis 30 ans : faute de contre-pouvoirs institutionnels, dans une période de crise économique et de montée de l'extrême droite, le système conçu en 1958 est en surchauffe.

Dans Sud-Ouest le week-end dernier Mathias Fekl le successeur de Thomas Thévenoud déclarait : "les institutions de la Ve République sont épuisées. La Vème était calquée sur un schéma patriarcal : il y avait le président qui décide, un seul média, l’ORTF, qui relaie les informations, tout le monde qui suit. Il faut changer la République".

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