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La gauche et la faucheuse

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La mort de la gauche... Après Manuel Valls c'est un autre socialiste qui s'en inquiète. Dimanche matin sur I-Télé, Julien Dray a estimé que "la gauche se meurt, il y a urgence". Le vice-président PS de la région Île-de-France, l'un des meilleurs analystes à gauche de la vie politique qui rend à nouveau visite à François Hollande pose ce constat terrible pour lui, le co-fondateur de SOS racismée à quelques heures d'un discours très attendu du chef de l'Etat ce lundi sur l'immigration : "ce que je ne veux pas, c'est que dans deux ans le bilan de ma vie militante soit d'aller convaincre des électeurs de gauche de voter Nicolas Sarkozy pour faire barrage à Marine Le Pen".La mort de la gauche, cela ne veut rien dire en soit : les idéologies ne meurent jamais, les concepts non plus, en revanche, la mort électorale existe. Le PS l'a connue en 1993 et il est sur cette pente dangereuse depuis 2012 avec les défaites aux municipales, aux européennes et aux sénatoriales puis ces 12 législatives partielles perdues. Dernière en date dimanche soir dans l'Aube, à Troyes, dans la ville de Francois Baroin où la gauche a été éliminée au premier tour où elle était partie divisée avec un candidat PS, un candidat Vert, un candidat divers-gauche et un candidat Front de Gauche. Avec les départementales et les régionales de 2015 en ligne de mire, Jean-Christophe Cambadelis estime donc nécessaires des candidatures d'union dès le premier tour.Voilà donc la gauche face à un terrible paradoxe : pour survivre électoralement, pour éviter un bi-partisme UMP / Front National, les écologistes et les communistes sont mathématiquement obligés de faire cause commune deès le premier tour avec le parti de François Hollande et Manuel Valls dont ils désapprouvent la politique ! Les dernières péripéties autour de la taxe sur les transactions financières sont un exemple supplémentaire : mardi dernier la France a fait échouer un projet d'accord en souhaitant retirer les placements les plus spéculatifs de la liste des produits devant être taxés "en raison de l'énorme risque" qui pèserait "sur des pans entiers de l'industrie financière française" pour reprendre les propos du gouverneur de la Banque de France. Même sur ce point pourtant consensuel en Europe, le gouvernement français a peur d'être de gauche et cela ne facilitera pas ce "plus petit dédominateur commun" pour faire socle au premier tour alors que la "menace Le Pen" n'y suffit plus.Oui la gauche peut mourir électoralement alors que l'UMP version Sarkozy 2.0 assumera de plus en plus d'être de droite. La gauche française pourra toujours se consoler qu'en politique, même mort on est jamais mort mais doit-elle forcément en passer par un suicide ?

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