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La position très inconfortable de François Hollande après le NON grec, par Stéphane Robert

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"Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?". C'est l'insoluble question à laquelle se trouvent confronter François Hollande et ses conseillers, à l'Elysée, après la victoire du Non en Grèce...

François Hollande, le 2 mars 2015 à l'Elysée
François Hollande, le 2 mars 2015 à l'Elysée Crédits : Matthieu de Martignac

Le président français s'est entretenu, hier soir, au téléphone avec Alexis Tsipras. "Je suis prêt à t'aider, lui a-t-il expliqué, mais il faut que tu me laisses t'aider." Autrement dit, il va falloir que Tsipras mette de l'eau dans son vin, malgré cette victoire, qu'il réfrène ses exigences. Et ça évidemment, ça n'est pas gagné.Car on est désormais au bord de la rupture entre les grecs et ses autres partenaires de la zone euro. Même Mattéo Renzi, en Italie, s'est rangé du côté d'Angela Merkel, en milieu de semaine dernière, tandis que François Hollande a tenté de plaider, jusqu'au bout, pour un accord à tout prix, avant le référendum.Et le président français apparait désormais bien seul dans cette position d'entre deux. Entre les grecs d'un côté et les tenants de la rigueur, rangés derrière Merkel. Il va pourtant, encore une fois, essayer de faire la synthèse, François Hollande. Pourquoi ? Eh bien parce que la France bénéficie, elle, d'une certaine indulgence de ses partenaires européens.En 2012, Hollande avait fait ratifié le traité de stabilité budgétaire européen, le fameux TSCG, qui contraint les Etats membres de la zone euro à un déficit maximum de 3% du Produit Intérieur Brut.Mais il avait obtenu d'Angela Merkel que la France ne soit pas dans l'obligation de l'appliquer, en tous cas pas tout de suite. On avait d'abord reporté d'un an l'échéance pour que les français rentrent dans les clous. Puis de 2 ans supplémentaires.Et François Hollande, fort de ces compromis obtenus, se glorifiait de cette position d'entre deux. Entre austérité et souplesse qui, expliquait-il, lui permettait de faire le lien, de maintenir le pont entre une Europe du Nord plus rigoureuse et une Europe du Sud plus dispendieuse".Seulement, le jusqu'au boutisme d'Alexis Tsipras semble avoir transformé l'agacement d'un certain nombre de pays en exaspération. Outre l'Allemagne, la Slovaquie ou encore les pays baltes, Lettonie, Estonie, Lituanie, qui ont fait des efforts colossaux pour entrer et se maintenir dans la zone euro, refusent de continuer à payer pour les grecs. Et on voit mal comment les amener à être conciliants.C'est pour ça que la sortie de la Grèce de la zone euro apparait désormais comme un scénario très probable.Et si c'était le cas, c'est toute la stratégie de François Hollande, pour essayer de maintenir un peu de souplesse face à l'austérité, qui serait remise en cause.Et la France s'en trouverait un peu plus affaiblie encore qu'elle ne l'est déjà. François Hollande espère donc encore éviter ce scénario. Mais pour ça, ça n'est plus un accord qu'il lui faut trouver, c'est un tour de magie qu'il lui faut sortir de son chapeau...

Bandeau Grèce
Bandeau Grèce Crédits : Annett Seidler - Fotolia
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