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La quadrature du Centre

3 min

Pauvres centristes… Pauvres centristes dont François Mitterrand estimait qu'ils ne sont "ni de gauche, ni de gauche" et dont Jacques Chirac disait "on les roule dans la farine et on les fait frire" .

En 2014, les mentalités n'ont pas vraiment changé : Nicolas Sarkozy propose de fondre l'UMP et l'UDI dans un nouvel ensemble et Juppé se verrait bien en candidat UMP soutenu par l'UDI à la présidentielle. Chacun à leur manière, ces deux anciens RPR veulent mettre l'UDI en coupe réglée.

C'est sans doute par ça que Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin sont arrivés en tête hier du premier tour de la présidence de leur parti, l'UDI. Pour Lagarde "la vocation de l'UDI n’est pas de porter les valises de quelque majorité ou candidat extérieur que ce soit" , pour Morin l'UDI doit proposer "une alternative à l'UMP et au PS" … Un discours d'indépendance fort, alors que certains centristes pur-jus soupçonnaient l'ex-UMP Yves Jégo arrivé 3ème d'être un cheval de Troie sarkozyste. Lagarde et Morin reprennent la promesse de Jean-Louis Borloo il y a 2 ans lors de la création du parti : devenir la première force politique de France.

Et c'est là que la situation se complique car dans le même temps l'UDI se présente comme l'alliée naturelle de l'UMP, sa "cousine germaine" , qui a vocation à gouverner avec elle puisqu'elles travaillent déjà ensemble dans les villes, dans les départements, et au Sénat.

" Je suis ton alliée, mais je veux prendre ta place" c'est le discours des chefs centristes à l'UMP et c’est leur quadrature du Centre. Hervé Morin et Jean-Christophe Lagarde vont donc clamer, proclamer leur indépendance par rapport à l'UMP alors que leur parti ira tout naturellement avec l'UMP aux grands rendez-vous électoraux à venir. Quadrature du Centre car les deux candidats à la tête de l'UDI dénoncent en chœur "la présidentialite" sauf que sous la Vème République, avec les législatives juste après la présidentielle tout procède de l'élection présidentielle et favorise l'élection d'un membre du PS ou de l'UMP. Comme l'écrivait le politologue Alexandre Vatimbella dans le Figaro avant-hier "le centriste, on l'aime bien... mais pas au pouvoir !"

La seule exception, c'est Giscard. Mais nous étions en septennat, la mort de Georges Pompidou avait bouleversé la donne et Giscard avait l'expérience et l'étoffe d'un présidentiable…

Et c'est le dernier paradoxe du Centre, l'UDI a réalisé de bonnes performances aux municipales aux européennes et aux sénatoriales mais avec Jean-Louis Borloo hors-jeu et François Bayrou infréquentable car ayant voté Hollande, les Centristes n'ont pas de "présidentiable", ça tombe bien, ils n'ont jamais aimé la présidentielle. La présidentielle qui le leur rend bien, elle n'est pas faite pour les centristes.

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