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Le mirage des primaires

2 min

Les primaires ouvertes sont-elle réellement cette idée "moderne", "la démocratie du XXIème siècle, le symbole de la rénovation de notre vie politique comme le proclamaient de nombreux commentaires, nos commentaires après la désignation de François Hollande en octobre 2011 ? Il y a eu près de 3 millions de votants, du débat, du fond, pas de fraude, une réussite mais ce n'est pas l’alpha et l’oméga de notre vie politique.

Pourquoi reparler des primaires aujourd’hui ? Parce qu’elles sont devenues pour certains, la référence ultime, le mantra, le totem de la tribu socialiste… « Valls a fait 5% aux primaires et il est premier ministre, Montebourg en a fait 17% et il est viré » nous confiaient des militants ou des élus frondeurs en colère ce weekend de la Rochelle. Tout cela est vrai. Mais doit-on constituer un gouvernement et orienter la politique d’un pays selon les résultats d’une primaire comme sous Valls 1 avec cet alliage Hollande / Valls / Montebourg / Royal / radicaux de gauche ? Jusqu’ici, c’est l’Assemblée Nationale qui accorde ou non sa confiance et qui a la possibilité de renverser un gouvernement par une motion de censure. Imaginez ensuite une primaire en 2016 comme les prévoient les statuts du PS pour désigner son candidat ? Et imaginez que François Hollande soit battu. Quelle crédibilité, quel poids politque l’intérieur et à l’international pour sa dernière année de mandat ?Noutre pays est aussi riche en fromages qu’en élections : présidentielle, législatives, sénatoriales, municipales, régionale voire départementales si - comme l’auraient obtenu les radicaux – les conseils généraux ruraux sont maintenus. En moyenne un scrutin tous les 15 mois. Ce cocktail explosif campagne permanente / primaires / chaînes d’information continue / réseaux sociaux ne risque-t-il pas de fracturer encore plus la société française ?Cela dit, si les primaires ouvertes ne sont pas la meilleure solution, la désignation du candidat par un vote stalinien des adhérents du parti ne l'est pas plus. Le vrai problème c’est que la République gaullienne censée mettre fin au régime des partis les a maintenus au cœur de la République. Cette Vème république désormais hybride qui accumule les vraies-fausses bonnes idées sans aller au bout : que sont le quinquennat et les primaires ouvertes si le président demeure à l’abri de la justice et du parlement ?Que sera le non-cumul des mandats si les parlementaires restent aussi nombreux et si le Sénat reste en l’état ?A chaque fois les réformes ne vont pas au bout et ce n’est pas que le problème des socialistes puisque l’UMP prévoit aussi organiser ses primaires pour 2017. Nos institutions sortent à petits pas de la Vème république sans entrer franchement dans la VIème. Comme l’âne de Buridan, faute de choisir elles meurent à petit feu…

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