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Le Président et son parti, toute une histoire !

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L’histoire du Président et du parti finit toujours mal. Ce soir Nicolas Sarkozy tient sont deuxième meeting à Troyes pour la présidence de l'UMP ou plutôt de sa famille politique. Obstinément, il ne prononce pas ce sigle UMP , ce parti créé en 2002 par Jacques Chirac pour une candidature Juppé en 2007. D’ailleurs, Jacques Chirac déclare ce matin son soutien au maire de Bordeaux pour 2017 comme si, sur ce point, les lignes n'avaient jamais bougé.

Mais sur le reste, Nicolas Sarkozy promet qu'il veut faire bouger les lignes et confirme que tout Président candidat à un deuxième mandat se retrouve à malmener son parti d'origine voire à le faire disparaître.

1981 : Giscard néglige l'UDF, la campagne est pilotée depuis l'Elysée et au siège du parti les équipes sont désemparées, la coordination est quasi-nulle et inefficacité complète.

1988 : Mitterrand fait l'ouverture, le PS n'a pas la main sur la campagne, le Président tente sans succès d'imposer Fabius à la tête du PS, il perd la main, se méfie de Solferino, et en 1990 c'est le congrès de Rennes.

2002 : Chirac soutenu par le RPR annonce qu'il veut remplacer son parti par l'UMP dévitalisée ensuite sous le quinquennat Sarkozy et réduite en 2012 à rameuter les militants, mobiliser les foules et éponger les dépassements de campagne avec la complicité de Bygmalion.

Aujourd'hui Nicolas Sarkozy promet de "tout changer" à défaut, lui, de changer. Exit l'UMP et même le travail collectif, hier encore, l'un de ses proches nous promettait qu'il revenait d'abord pour "rassembler" et pas encore pour présenter un projet. C’est raté et la concertation est proche de zéro puisque ce matin Le Figaro révèle quelques-unes de ses intentions : revenir au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, suppression des 35 heures pour les entreprises qui le souhaitent, limitation de la dépense publique à 50% du PIB, interdiction constitutionnelle de la PMA pour les homosexuels et de la GPA, retraite à 63 ans, nouveau contrat de 5 ans pour les fonctionnaires.

Mais pourquoi un président sortant ou un ex-président néglige-t-il à ce point le parti qui l'a tant aidé ? Parce que chaque successeur même lointain du Général De Gaulle se fond et se complaît dans cette Vème république monarchique. Grisé par le pouvoir, tout chef d'Etat français, forcément narcissique, veut construire son second mandat sur le rassemblement et le dépassement des vieux clivages, ce qui n'est pas vraiment dans la nature des partis politiques. Tout à sa hauteur il enjambe sa formation politique, en changeant à sa guise de politique - comme François Hollande - voire en la sabordant - comme Sarkozy.

Jusqu'ici le parti a toujours perdu face au Président mais cela ne concernait finalement que les élus, les militants encartés et les appareils. Il reste à savoir si Hollande et Sarkozy pourront aussi facilement enjamber les primaires, c'est à dire les sympathisants, c'est à dire le Peuple.

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