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Le Sarko nouveau est-il arrivé ?

2 min

Cela fait maintenant 7 ans et demi qu'il nous le promet, depuis le 14 janvier 2007 précisément. "J'ai changé" . Et cela a continué pendant tout le quinquennat, pendant la campagne de 2012 puis pendant sa vraie-fausse retraite mais force est de constater qu'il n'a pas changé...

Sa traversée du désert a été celle d'un bac à sable, le retour stratosphérique s’est révélé beaucoup plus terre à terre que prévu, l'homme du Rassemblement a laissé siffler Alain Juppé, le Président patiné par l'exercice du pouvoir et "moins anguleux" comme il le confie en privé s'est laissé emporté par la foule au meeting de la manif pour tous.

Donc Sarko n'a pas changé. Le Sarko nouveau n'est pas arrivé en revanche, tout autour de lui a changé.

En effet, pour la première fois, Nicolas Sarkozy est le chef de l'opposition. Cela ne lui était jamais arrivé. La preuve : Jean-Christophe Cambadélis le lui a malicieusement rappelé samedi soir en l'invitant à débattre avec lui car son alter ego à gauche est bien le premier secrétaire du PS et non le Président de la République...

Ensuite, Nicolas Sarkozy n'a jamais créé de parti. Chirac l'a fait - le RPR en 1976 et l'UMP en 2002 - et c'est un ressort puissant chez cet ancien bébé Chirac passé à l'ennemi balladurien. Vingt ans après l'on a la confirmation que cette rupture humaine et politique guide la trajectoire de Nicolas Sarkozy au sein de la droite. Il reste ancré dans cette tradition bonapartiste du "parti machine de guerre" au service d'un homme et donc créé par lui.

Enfin, et c'est le plus nouveau pour lui, le Sarkozy président de parti qui vise l'Elysée a désormais une véritable opposition politique interne : François Fillon, Xavier Bertrand, Alain Juppé sont en lice pour 2017, Bruno Le Maire peut l’être, qui conteste avec près de 30% des voix l'hégémonie de Nicolas Sarkozy à droite. Ne nous racontons pas d'histoires, sans nier son talent politique, tactique et médiatique de 2002 à 2007, Nicolas Sarkozy n'a jamais eu de concurrent direct pour l'Elysée dans sa famille. Chirac n'était pas candidat, Villepin et Juppé n'ont jamais été en situation de l'être.

Voilà donc Nicolas Sarkozy obligé d'affronter une situation nouvelle avec ce paradoxe : officiellement il y avait des courants à l'UMP quand elle avait un leader incontesté. Mais aujourd'hui, alors qu'aucun leader incontestable n'a encore émergé, Nicolas Sarkozy veut la fin des courants, des écuries et des chapelles, une façon polie de dire qu'il ne veut pas de primaires.

L'organisation et les statuts du nouveau parti sont donc fondamentaux pour lui. Puisque l'environnement a changé mais que lui ne change pas, Nicolas Sarkozy va donc changer le parti.

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