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Le socialisme est-il une langue morte ? (pardon, une "langue antique"), par Frédéric Says

2 min

"Le langage politique est en train de devenir une langue morte", avait déploré Manuel Valls. Son propre parti, en pleine préparation de son congrès, est en train de lui donner raison.
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Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, le 29 mars 2015. Crédits : F. Says

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En ces temps de controverses sur ce qu’il est maintenant convenu d’appeler pudiquement les "langues antiques", il revient cet avertissement de Manuel Valls sur un autre langage qui est en passe de rejoindre le passé : la langue politique, « trop souvent devenue une langue morte », dixit le premier ministre, il y a un an à la tribune de l’assemblée nationale. Hélas, son propre parti lui donne raison.

Le PS choisira son premier secrétaire dans un mois, le 28 mai - une semaine après le vote pour départager les différentes motions. Il est d’ailleurs assez intéressant de se plonger dans ces textes, quatre motions d’une trentaine de pages chacune. Intéressant d’y plonger pour ce qu’elles disent, mais aussi pour ce qu’elles ne disent pas. Ainsi dans la motion A, celle de Jean-Christophe Cambadélis, soutenu par le gouvernement, voici cette définition de ce qu’est le parti socialiste, p. 33 précisément :

« Le PS n’est ni social-libéral ni néo-communiste » . Une sorte de définition en angle mort. Il est toujours pratique de se définir par ce qu’on n’est pas. Je voulais d’ailleurs vous prévenir que ce billet politique n’est ni une prise de position, ni un papier parfaitement neutre.

A la lecture des motions, en plus des langues antiques, on pourra réviser avantageusement ses figures de style … Le texte donne ainsi à une grande place à l’oxymore, la figure de style préférée de François Hollande – certes avec l’anaphore. On y célèbre ainsi le « juste échange commercial », ou la « Réduction des déficits, adaptée à la conjoncture ».

La motion B, celle des frondeurs, donne davantage dans l’analepse (le retour sur des événements antérieurs au moment de la narration). En 2012, sur le pacte budgétaire européen, François Hollande s’est laissé faire par Angela Merkel, écrivent en substance les tenants de cette motion.

Alors on est sans doute un peu sévère : figurent dans ces textes, ainsi que dans ceux de Karine Berger, la motion D, et de Florence Augier, la motion C, des réflexions étayées notamment sur la fiscalité ou sur l’écologie. Mais qui sont bien vite éculées en termes de propositions concrètes. Le problème, c’est que cette vitrine du parti socialiste ne représente pas du tout ce qu’il y a à l’intérieur du magasin, oserais-je dire en arrière-boutique.

C’est un parti lessivé par quatre défaites consécutives, essoré par les désaffections militantes, asséchés par les cotisations qui ne rentrent pas. Les responsables locaux avouent d’ailleurs hors micro leur lassitude. Mais qu’importe, en ce qui concerne le national, la troupe du PS continue de jouer le scénario écrit à l’avance : les majoritaires, les frondeurs, la 3ème voie… la pièce de théâtre se déroule, les acteurs tiennent leur rôle sans chercher à savoir s’il y a du monde dans la salle.

Un scénario qui, à peu d’exceptions près, est celui de chaque congrès socialiste depuis l’atypique congrès de Rennes en 1990. Et l’on ne sait pas, tout compte fait, si ce parti est rassurant par sa constance ou inquiétant par son inertie.

Frédéric Says

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