LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Les difficiles manoeuvres de Nicolas Sarkozy pour faire plier l'UDI, par Stephane Robert

3 min

Finalement, "on n'y est pas encore tout à fait arrivé. Mais c'est en bonne voie, expliquaient hier les porte parole de "Les Républicains", le nouveau parti de Nicolas Sarkozy. Les discussions avec les centristes de l'UDI se passent bien. Et même si aucune date n'est fixée, on devrait trouver un accord avant l'été " précisait, un peu embarrassé, le député Sébastien Hyugues...

Jean-Christophe Lagarde
Jean-Christophe Lagarde Crédits : Radio France

Et pourtant, la semaine dernière, c'était fait. Garantie sur facture. Dans un camp comme dans l'autre, on affirmait qu'on s'était mis d'accord pour partir ensemble aux élections régionales, et que tout devait être finalisé ce mardi 23 juin, au cours du bureau politique de "Les Républicains" qui doit se tenir à 18h. Ce ne sera pas le cas...

Alors que s'est-il passé ?

Eh bien Sarkozy pensait avoir remporté son bras de fer avec le président de l'UDI, Jean Christophe Lagarde. Revenons un peu arrière. C'était il y a 2 semaines. Après des discussions houleuses qui n'en finissaient pas, Jean Christophe Lagarde avait lancé un ultimatum : "S'il n'y a pas d'accord dans les 10 jours ... avait-il menacé ... les centristes présenteront leurs propres listes, autonomes, dans 3 à 6 régions". Et Lagarde de réclamer la tête de liste dans 3 régions sur les 13 que compte la métropole, la Normandie, le Centre Val-de-Loire et la Bourgogne Franche-Comté...

Cet utlimatum avait piqué au vif Nicolas Sarkozy. On ne met pas en demeure l'ex-chef de l'Etat qui prétend le redevenir sans un retour de baton. Le président de "Les Républicains" avait donc décidé d'écarter Jean Christophe Lagarde et de négocier directement avec les 3 candidats UDI des 3 régions concernées, Hervé Morin, Philippe Vigier et François Sauvadet. Il les avait reçu dans son bureau. "D'accord pour la tête de liste. Et concernant la répartition sur les listes, un tiers de candidats UDI et deux tiers de "Les Républicains". D'accord. On est d'accord..." En échange de quoi, les 3 s'engageaient à soutenir la primaire à droite en 2016...

Fort de cet accord, Sarkozy pensait mettre Lagarde devant le fait accompli. "Tu vois, c'est fait. Il n'y a pas de problème. C'est ce que tu demandais... Maintenant, il faut que toi aussi tu t'engages à soutenir la primaire. C'est à dire que tu y vas. Tu annonces que tu vas y participer ..."

Parce que pour Nicolas Sarkozy, la participation d'un centriste à cette primaire est essentielle. Elle permettra de piquer des voix à son principal rival, Alain Juppé, et de l'affaiblir...

Seulement, Jean Christophe Lagarde n'a manifestement pas l'intention de se laisser instrumentaliser comme ça. Il campe sur sa position. Pour la primaire, il se prononcera "au printemps 2016", après les régionales donc...

Et il a gardé un atout dans sa manche, Lagarde. Un atout qui s'appelle Chantal Jouanno. Elle est encore officiellement la candidate UDI en Ile de France, elle a très envie d'y aller et elle ne se rangera aux côtés de Valérie Pécresse "que si son parti le lui ordonne"...

Ce qu'évidemment Jean Christophe Lagarde, face aux manoeuvres de Sarkozy, ne s'empresse pas d'ordonner...

Pourquoi ? Eh bien parce que les centristes n'ont pas très envie de se ranger derrière Nicolas Sarkozy. S'ils doivent soutenir un candidat de "Les Républicains", ce serait plutôt Alain Juppé. "A 80%" explique-t-on en interne...

Dans ces conditions, Jean Christophe Lagarde, qui a encore un peu de mal à assoir son autorité à l'UDI, ne peut pas se prononcer dès maintenant sur une éventuelle participation à la primaire. Et donc, on en est là. Avec "un accord qui interviendra ... on ne sait pas ... mais avant l'été"... Faut-il vous préciser que nous sommes en été depuis avant hier 21 juin...

Quoiqu'il en soit, un accord est indispensable estime-t-on dans les 2 camps. Partir divisés, ce serait suicidaire. "Dans cette affaire, explique un député, chacun dispose de la bombe nucléaire. Et le principe de la bombe nucléaire, c'est que personne ne l'utilise". Pour autant, ça n'empêche pas les belligérants d'user de quelques bombinettes, deci delà...

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......