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Les Partis ne sont jamais partis

2 min

C'est tout le paradoxe de la Vème République : en 1958, fidèle à son discours de Bayeux prononcé 12 ans plus tôt, le général De Gaulle instaure un régime semi-présidentiel - qui le sera complètement avec l'élection du Président au suffrage universel en 1962 - avec comme il le préconisait "un chef d'Etat au-dessus des partis". Le Parlement devient un parlement godillot qui peut être dissous à tout moment. Le mode de scrutin majoritaire est adopté et installe les deux blocs aussi.

C'est ainsi, De Gaulle qui voulait la fin des partis et pour qui « c'est pas la gauche la France, c'est pas la droite la France » a gravé dans le marbre la bi-polarité. Ses successeurs Mitterrand et Chirac ayant eux consacré le bipartisme du PS et de l'UMP assumé et entretenu par Sarkozy et Hollande.

Hollande ? Il a préféré le 49-3 plutôt qu'une adoption de la loi Macron avec des voix de droite, cela aurait conforté les contempteurs du « virage libéral » et de la « social-traîtrise ». Pendant 40 jours, les camarades socialistes ont profité des débats sur la loi Macron pour se compter entre « frondeurs » et « réformistes ». Oui, il faut bien avoir en tête que le Congrès du PS approche.

Sarkozy ? Il avait donné sa consigne : pas question de faire passer la loi Macron. Le Président de l'UMP n'a pas supporté l'union nationale et l'esprit du 11 janvier invoqués à tout bout de champ par son successeur, pas question pour lui, donc, de donner un coup de main au jeune ministre de l'économie susceptible de gratter des voix à droite. Pas question d'accorder une minute de répit à ce Président honni des militants UMP à un mois des départementales. Oui, il faut bien avoir en tête que la primaire à droite approche.

Le clivage droite-gauche est donc institutionnalisé alors qu'il existe bel et bien deux droites et deux gauches avec dans chaque camp un bloc libéral-décentralisateur et pro-européen et un bloc étatiste-colbertiste et souverainiste. Mais la frontière droite-gauche demeure. La loi Macron aurait pu être ce grand texte bien-partisan pour relancer l'économie tout en protégeant les droits des salariés. Il n'en est rien, les logiques partisanes ont été les plus fortes.

Pourtant, ce jeudi soir, l'UMP et le Front de gauche se retrouveront pour voter la motion de censure. Voici un jeu de rôle pathétique et vain avec discours enflammés, éclats de voix et éclats de pupitres pour rien ! Car l’on sait que la censure ne passera pas. Voilà du temps perdu alors que la situation économique et sociale ne s'améliore pas. Mercredi Le Figaro nous rappelait que les adhérents des partis politiques représentent 2% du corps électoral mais 98% des députés sont otages de leur parti.

Motion de censure à l'Assemblée nationale concernant la loi Macron
Motion de censure à l'Assemblée nationale concernant la loi Macron
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