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Les Verts vont-ils faire barrage aux socialistes ?

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Ca commence à faire beaucoup pour les écologistes qui ont quitté le gouvernement en avril dernier. Bien sûr, ils savaient que François Hollande n'était pas le socialiste le plus intéressé par les questions environnementales et que les élus locaux PS, souvent de grands barons locaux, s'accrochaient encore aux grands projets et aux grandes infrastructures façon Trente glorieuses et que les socialistes n'avaient pas encore verdi leur rose...

Il y a quand même eu quelques grands discours de François Hollande. Celui sur la loi énergétique il y a 13 mois au Conseil économique social et environnemental ou celui à l'ONU en septembre dernier, c'est le Hollande de la conférence climat de 2015 à Paris. Mais il y a eu aussi cette visite admirative dans l'Alberta canadien avant-hier, haut-lieu de l'exploitation des sables bitumineux et du saccage de la planète.

Il y a aussi les questions en suspens : quel ouvrage à Sivens ? Fessenheim va-t-elle vraiment fermer ? L'aéroport de Notre Dame des Landes va-t-il voir le jour ?

Et il y a les faits : le budget de l'écologie en baisse qui a provoqué la colère de Delphine Batho puis son limogeage, le détricotage de la loi ALUR, l'abandon de l'écotaxe. Depuis les européennes de 1984 les Verts sont vraiment présents dans le paysage électoral et cela fait donc une trentaine d’années qu'à gauche et à droite les présidents et les premiers-ministres jurent la main sur le cœur que l'environnement occupe une place centrale dans leur politique, pour l'avenir de nos enfants et de notre planète. Et cela fait trente ans que les ministres de l'environnement – plus souvent des femmes d'ailleurs – avalent leur chapeau. Trente ans qu'ils sont aussi des variables d'ajustement : déjà 4 ministres de l'écologie depuis le 6 mai 2012.

Mais aujourd'hui les Parlementaires écologistes alliés à quelques autres à gauche peuvent enfin placer l'environnement au centre en établissant un rapport de force politique, c’est à dire en menaçant le gouvernement. Pas seulement avec une minute de silence dans l'hémicycle mais par exemple lors de la prochaine législative partielle dans le Doubs pour remplacer Pierre Moscovici ou lors des élections départementales et régionales l'année prochaine. Voire lors du vote du budget actuellement débattu au Parlement.

Bien sûr, il y a un risque de fracturation à gauche mais de la même façon que l'on ne construit pas un barrage sur un cadavre, laisseront-ils prospérer le PS et passer un budget sur tant de désillusions ?

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