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A l'UMP deux campagnes mais pas de débat

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Les adhérents cotisants UMP en ont pour leur argent mais ils en sont pour leurs frais. Ils ont droit à deux campagnes distinctes pour la présidence du parti mais n'ont pas droit à un véritable débat. Voyez ce soir : à Aix-en-Provence Bruno Le Maire et Hervé Mariton tous deux candidats, se succéderont à la tribune et s'exprimeront à tour de rôle devant les militants de droite et au même moment à Toulouse, Nicolas Sarkozy tiendra meeting ou plutôt jouera son one man show façon théâtre d'improvisation ou Jamel Comedy Club en dialoguant avec la salle comme lundi soir à Velizy (Yvelines). Assis dans son fauteuil club, il a parlé de la France, de la droite et beaucoup parlé de lui, se livrant à un inventaire perlé de son quinquennat et à une vraie-fausse introspection pour mieux se justifier en tapant sur la gauche, la presse et la magistrature.

Il y a donc une campagne totalement asymétrique ou plutôt deux campagnes parallèles avec d'un côté deux députés UMP qui jouent honnêtement le jeu et visent la présidence de leur parti et de l'autre un ancien président de la République qui veut le redevenir et ne consent même pas à nommer son parti puisqu'il veut le transformer de fond en comble et changer son nom.

Après tout pourquoi pas ? Mais tout de même pourquoi mener une campagne aussi personnelle, pourquoi rejouer le match de 2012 en s'adressant à François Hollande et en refusant le débat avec Le Maire et Mariton qui demandent à débattre à la télévision ou devant les militants ? Pour l'instant Nicolas Sarkozy refuse, c’est la grande différence avec 2012 quand Nicolas Sarkozy pressait François Hollande de débattre trois fois avec lui, persuadé qu'il était, de l'envoyer dans les cordes et de l'écraser. Mais aujourd'hui Nicolas Sarkozy refuse et préfère des meetings où ne viennent que des militants déjà convaincus de voter pour lui.

Par son expérience passée, par son statut présent, par l'absence de leadership à droite depuis sa défaite, Sarkozy reste le favori de ce scrutin interne alors pourquoi s'abaisser à un débat avec ces challengers où il aurait tout à perdre ? Le calcul politicien est assez vite fait et les conséquences qu'il en tire, de son point de vue, sont compréhensibles sauf qu'à débattre avec lui-même et avec des militants conquis d'avance, Nicolas Sarkozy risque de se retrouver à débattre uniquement avec la presse et, plus embêtant pour lui, avec les juges.

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