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A l'UMP, les vraies leçons d'un débarquement express

2 min

Elle a été nommée vendredi secrétaire nationale de l'UMP en charge de la formation professionnelle, elle a été débarquée lundi. Fatima Allaoui n'aura pas fait long feu dans la nouvelle UMP après que Libération a révélé son adhésion le mois dernier au SIEL, un micro-parti lié proche du Front National.

L'histoire fait sourire car madame Allaoui était soutenue par Nathalie Kosciusko-Morizet qui reste l'un des plus intransigeantes avec le FN mais la députée de l'Essonne affirme qu'elle n'avait pas connaissance des accointances de son ex-protégée "confiance trahie aucun rapprochement avec l'extrême-droite ne sera tolérée" a-t-elle tweeté. Dans cette affaire, NKM a été visiblement dépassée dans sa course avec Laurent Wauquiez pour placer ses proches dans l'organigramme de l'UMP.

L'histoire fait aussi sourire car l'on a connu l'UMP et son président moins regardants sur certains itinéraires personnels comme celui de Guillaume Peltier passé par le FN, le MNR et le Mouvement pour la France ou celui de Patrick Buisson finalement banni du cercle sarkozyste pour des enregistrements indiscrets.

L'UMP serait-elle donc en train de se recentrer n'hésitant pas à qualifier le SIEL de « parti d'extrême-droite » dans son communiqué officiel d'exclusion de Fatima Allaoui ? D'éviter de se déporter trop à droite ? Pas vraiment, car si les propos et les actes sont définitifs à Paris, il en va tout autrement sur le terrain. Selon lexpress.fr qui cite un proche de Nathalie Kosciusko-Morizet "dans le Languedoc, à l'UMP, ils bouffent tous à la table du Siel, du FN et de Ménard". Et selon un sondage Louis-Harris pour Marianne 64% des électeurs FN et 55% des électeurs de l’UMP souhaitent des alliances électorales pour battre le PS au second tour.

En réunion de cadres samedi dernier au siège de l’UMP Nicolas Sarkozy a martelé qu'il n'y aurait pas de tel rapprochement mais il durcit son propos sur Schengen "faire la politique de la chaise vide" , sur l'immigration "est-ce qu'on peut continuer l'accueil de nouveaux étrangers ?" ou sur l'aide médicale d'état et "le tourisme médical".

Pour l'instant le président de l'UMP peut tenir cette ligne de crête avec des propos pour attirer l'électeur FN mais sans alliance car la question de l'alliance ne se pose plus étant donné le nombre d'élections où l'UMP et le Front National se retrouvent face à face au second tour, dans le Lot et Garonne, dans l'Oise ou dimanche dernier dans l'Aube.

En 2007 Nicolas Sarkozy devait siphonner le FN qui était un adversaire de premier tour mais en 2017 ce pourrait être un adversaire de second tour, raison pour laquelle il ne faut pas se méprendre, l'exclusion de Fatima Allaoui, c'est l'arbre qui cache la forêt, c'est le nuage qui cache le SIEL.

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