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Manuels Vall ou le discours à l'envers

2 min

Cet après-midi à 15 heures Manuel Valls va prononcer son discours de politique générale puis demander un vote de confiance aux députés qu’il obtiendra. Les frondeurs devraient majoritairement s'abstenir mais depuis 10 jours Manuel Valls tient à les mettre en garde, comme avant-hier dans le Journal du Dimanche. Oui, Manuel Valls en est réduit à mettre en garde.

Il a beau promettre pour tout à l'heure "un discours sur le sens, la perspective, l'agenda et les valeurs" ses propos des derniers jours n'offrent guère de perspective. Au lieu de dire à son opposition "voici ce que je propose", le Premier ministre lui explique que si elle ne rentre pas dans le rang, c'est la catastrophe. A rebours du discours performatif de son modèle Tony Blair, il ne promet plus - il faut dire que toutes les promesses chiffrées du début du quinquennat ont été sans effet : l'inversion de la courbe du chômage, la reprise de la croissance, la réduction des déficits - alors le Premier ministre justifie sa politique par ce qu'elle peut éviter et non par ce qu'elle va produire.

Comme en italie il y a 8 jours, Manuel Valls redit que le FN "peut l'emporter", il insiste sur "la gravité du moment" et une menace terroriste inédite. Il se définit par rapport à la droite "nous faisons 50 milliards d'économies, la droite veut en faire 80, 100 ou 150" .

Résumons les propos du Premier ministre : je ne vous dis pas que c'est bien mais il pourrait toujours y avoir pire, surtout quand on voit ce qui se passe en Irak - comme si la menace des barbares du Daech empêchait de réfléchir à une autre politique économique…

D'ailleurs, Manuel Valls enfonce le clou : "je ne vois pas d'alternative crédible" et quand il évoque une éventuelle mise en minorité de son gouvernement - "il peut toujours y avoir un accident" - il fait comprendre aux frondeurs qu'un vote contre serait un suicide politique avec dissolution puis raclée électorale pour le PS.

Voilà donc un discours en creux, un discours par la négative, un discours à l'envers cet après-midi Manuel Valls obtiendra le contraire Francois Mitterrand qui disait : "c'est convaincre qui m'importe et non vaincre" . Tout à l’heure, sans doute avec éloquence et détermination, Manuel Valls aura vaincu mais pas convaincu.

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