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Martine Aubry, crépuscule sur un beffroi

3 min

"Elle va finir comme un Antoine Pinay de gauche" dit un maire de droite de la banlieue de Lille à propos de Martine Aubry qu'il observe depuis des années à la communauté urbaine. "Nous assistons à une fin de carrière un peu triste" renchérit un député socialiste du Nord.

Lundi, deux ans après la mort de Pierre Mauroy, Jean-Christophe Cambadélis était à Lille. Officiellement il s’agissait de rendre hommage à l'ancien maire de Lille et premier Premier ministre de François Mitterrand mais le premier secrétaire du PS en a aussi profité pour essayer de régler le conflit au sein de la Fédération socialiste du Nord dont le chef de file soutenu par Martine Aubry - son "homme à tout faire" grince une figure socialiste du département - est très contesté en interne. Cela est déjà un petit événement politique local car en appeler à "Paris" à "Solférino" pour remettre de l'ordre à Lille, cela ne s'était jamais vu auparavant et c'est une preuve de la perte d'influence de Martine Aubry.

Ce décrochage s'est fait en deux temps. En 2012, elle refuse d'être ministre et quitte la direction du PS, elle se tait et disparaît de la scène nationale. En 2014, elle fait mollement campagne aux municipales en annonçant que c'est son dernier mandat et elle perd l'énorme communauté urbaine de Lille alors Roubaix et Tourcoing basculent à droite, tout comme le conseil départemental du Nord en mars dernier. Les régionales s'annoncent difficiles et si d'aventure son fidèle Pierre de Saintignon était battu, le bilan politique de Martine Aubry serait calamiteux.

Pourtant, à lire ou à entendre certains reportages, Martine Aubry serait "en réserve de la République", un "recours à gauche". "Faux, c'est une image complaisante relayée à Paris, elle ne fout plus rien, elle n'a pas d'agenda, elle n'a pas de stratégie et surtout elle est incapable de corriger ses erreurs puisqu'elle ne les reconnaît pas " répond un observateur de la vie politique locale. Dernière erreur en date : l’arrivée de François Lamy à Lille qui s'est vu confier une mission pour "renouer avec les quartiers populaires" mais sans concertation puisque Martine Aubry l'a annoncé lors d'une conférence de presse ! Le ministre des Sports Patrick Kanner, un ancien adjoint d'Aubry devenu rival et la plupart des élus ont appris ce parachutage par les media !

Qu'elle semble loin l'époque où la première secrétaire imposait au PS le non-cumul des mandats, la parité, les primaires… Encore plus loin les 35 heures, la CMU ou plus récemment la théorie du "care" en politique, le "soin" à apporter aux autres dans l'action publique. Le moins que l'on puisse dire c'est que Martine Aubry ne met aucun soin à sa fin de carrière, son entourage se délite comme la présence socialiste dans le Nord, redescendra-t-elle dans l'arène d'ici 2017 ? "Encore faudrait-il qu'elle y soit jamais descendu" observe l'un de ses soutiens dans la société civile qui commence à prendre ses distances.

Ce n'est pas faux, Martine Aubry a été installée à Lille par Pierre Mauroy, elle a laissé les autres tricher pour elle au congrès de Reims et elle est partie aux primaires seulement après le forfait de DSK. Certes, en politique l'on est jamais mort surtout quand la mort dure longtemps mais du côté du beffroi de l'hôtel de Ville de Lille, l'on est plus proche du crépuscule vespéral que des petits matins qui chantent.

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