LE DIRECT

Ne gâchez pas tout s'il vous plaît !

2 min

(Ce billet a été écrit dans la nuit de jeudi à vendredi et donc avant les deux prises d'otages et leur dénouement)

Jeudi matin à cette heure-ci nous nous demandions si certains élus ne risquaient pas de succomber aux faiblesses habituelles des politiques c'est à dire la récupération, l'instrumentalisation, la division, les petites postures. VIngt-quatre heures après, nous ne pouvons que le constater : c'est fait puisque l'idée même d'union nationale fait débat à propos de la présence du Front National à la marche républicaine de dimanche.

Le pire, dans cette histoire, étant que les partis républicains sont mis tout seul dans la panade :

Jean-Luc Mélenchon : pour lui Manuel Valls n'a "pas d'autorité" pour organiser cette manifestation. Mais qu'aurait-il dit si le Premier ministre s'était tu ? Rappellons que ce n'est pas le gouvernement qui organise la marche mais des partis politiques, des syndicats, des associations anti-racistes, des cercles de réflexion etc, soit une trentaine d'organisations

Le Parti Socialiste : incapable d'avoir une position sur la question. Pour Anne Hidaglo, Julien Dray ou François Lamy le FN n'a pas sa place à cette marche mais pour leur collègue Olivier Faure il ne faut exclure personne.

A l'UMP, Laurent Wauquiez explique que son parti est "unanime" : il ne faut pas exclure le FN. François Fillon - qui le 8 mai 2013 dans un documentaire sur France 3, considérait le FN "hors des limites du pacte républicain" - penseque l'on "ne peut pas parler d'unité nationale en excluant plusieurs millions de Français".

Mais voilà l'ambiguité : ne pas inclure le Front National parmi les organisateurs de cette marche est-ce exclure ceux qui votent pour lui de ne pas venir ? Absolument pas ! D'autant que dès le début le FN s'est exclu de lui-même de l'union nationale. Très vite après les attentats, Jean-Marie Le Pen déclare "je n'ai pas envie de soutenir l'action gouvernementale" / et le lendemain Marine Le Pen redit qu'elle souhaite le rétablissement de la peine de mort et un référendum sur cette question. Ces deux déclarations excluent de facto le FN en tant qu'organisation mais comme d'habitude Marine Le Pen a su retourner la situation. Elle se place en victime, en paria, et décide de ne pas se rendre à la marche de dimanche, de la boycotter finalement.

Elle boude, Marine Le Pen, de ne pas faire partie de cet establishement qu'elle ne cesse pourtant de critiquer mais elle savoure de se retrouver une nouvelle fois au centre du jeu, seule contre tous avec, ne cesse-t-elle de rappeler, les 25% de français qui ont voté FN aux européennes.

Plutôt que de s'embourber, les partis républicains auraient dû proclamer que l'on ne rend pas hommage à Charb, à Cabu, à Wolinsky et les autres ou à des policiers de la république en défendant la peine de mort. Alors réflechissez un peu. Et ne gâchez pas tout s'il vous plaît.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......