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"Nicolas Sarkozy et le doute judiciaire", par Stéphane Robert

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La justice, encore une fois, s'est rappelée au bon souvenir de Nicolas Sarkozy. Elle lui colle à la casquette comme le sparadrap du capitaine Haddock...Il espérait obtenir un non lieu dans l'affaire des écoutes téléphoniques entre lui et son avocat, Maitre Thierry Herzog. Eh bien non. Elles sont validées.Ces écoutes avaient été mises en place dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Affaire pour laquelle Nicolas Sarkozy a obtenu un non lieu. Mais elles avaient révélé une possible tentative de corruption d'un haut magistrat de la cour de cassation, Gilbert Azibert.L'affaire reste donc d'actualité. Et pourrait à terme conduire Nicolas Sarkozy devant un tribunal correctionnel, avec en perspective une éventuelle condamnation à une peine d'inéligibilité.Et comme en politique, selon le vieil adage de Jacques Chirac, "les emmerdes ça vole en escadrille", les juges ont également fait un pas supplémentaire en direction de l'ancien-président dans le cadre d'une autre affaire. L'affaire Bygmalion, du nom de cette société qui, en lien avec l'UMP, est soupçonnée d'avoir dissimulé, pour plusieurs millions d'euros, le dépassement des frais de campagne de Sarkozy en 2012. Cette fois, ça n'est pas directement Nicolas Sarkozy qui était visé, mais son ancien conseiller en communication, Franck Louvrier, entendu hier en garde à vue.Et puis il y a toutes ces autres affaires en suspens qui pourraient bien avancer, elles aussi, dans les mois qui viennent : L'affaire de l'arbitrage entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. L'affaire autour des soupçons de financement de sa campagne par la Libye et le colonel Khadafi, cette fois en 2007...Bref, si sur le plan politique, le ciel s'était un peu dégagé ces derniers mois pour Nicolas Sarkozy, notamment avec la victoire aux élections départementales, sur le plan judiciaire, il est encore très sombre et plusieurs orages pointent à l'horizon. Mais le plus embêtant pour l'ancien chef de l'Etat, ça n'est pas tant le risque d'une, ou de plusieurs condamnations, que le doute que ces affaires pourraient instiller dans l'esprit des sympathisants UMP. Doute sur le fait que, s'il est désigné candidat de la droite pour la présidentielle, il sera bien à même de se présenter pour la 1er tour en 2017. Il est sans doute là l'écueil que pourrait rencontrer Sarkozy. Parce qu'à droite, les militants, les électeurs, sont bonapartistes. Il leur faut un général, un chef incontesté et incontestable, pour les emmener à la bataille. Or s'il y a un doute qu'il puisse monter sur son cheval et diriger l'assaut final, ça pourrait en décourager plus d'un de se ranger sous sa bannière.Et ce doute pourrait aller grandissant à mesure qu'on se rapproche de la primaire UMP à l'automne 2016. Parce que si Sarkozy est maitre de son calendrier politique, il n'est pas maitre de son calendrier judiciaire...Dans ces conditions, ses rivaux conservent toutes leurs chances. En premier lieu Alain Juppé qui a du se réjouir, hier, de cette décision des juges. Mais aussi François Fillon ou encore Bruno Lemaire.Autrement dit, rien n'est joué dans la bataille qui s'annonce à droite. D'autant que la primaire, c'est dans un an et demi. Et un an et demi en politique, c'est très long. Il peut se passer beaucoup de choses...

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