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Nicolas Sarkozy, l'union nationale et l'union locale

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"Son union nationale à Hollande, elle commence à me courir" . A en croire le Canard Enchainé, le propos serait signé Nicolas Sarkzozy, en privé.

Il est vrai que l’ancien président est contraint par cet esprit d’union nationale qui a mis pour un moment la politique politicienne en sourdine et qui a permis à François Hollande de bondir dans les sondages. "Dans ce genre de circonstances, nous confie un député ump, le premier qui parle est mort ". Alors Sarkozy ne doit pas parler enfin pas trop, ce qui est un véritable effort pour lui, sinon il passe pour le diviseur. Publiquement donc, comme mercredi soir au 20 heures de France 2, il ne brise pas l’union nationale mais il tente de l’égratigner en répondant très concrètement aux mesures annoncées le matin par Manuel Valls.

Mais Nicolas Sarkozy est aussi limité dans ses mouvements par ce que l’on appellera l’union locale c'est-à-dire l’union au sein de l’UMP. Il sait que sa victoire avec 65% des voix au premier tour est un trompe-l’œil et qu’elle n’a rien de triomphale. Nicolas Sarkozy doit gérer une opposition interne, c’est nouveau pour lui, au point explique un proche de Bruno Le Maire, membre de la nouvelle direction de l’UMP, qu’il "a changé d’idée sur les primaires explique … Il sait que s’il ne les organise pas, c’est le départ de Juppé, Fillon et Le Maire, un suicide" . Le président de l’UMP doit donc ménager les autre prétendants à 2017, il doit assurer la concorde au sein de son parti et donc, il a annulé un déplacement près de Châlon en Champagne prévu le 29 janvier car, Alain Juppé avait prévu une visite juste à côté la veille. Ca aurait fait désordre et les media y auraient vu un signe de division nous raconte L’Opinion.

Alors voilà Nicolas Sarkozy obligé de se retenir alors que dans sa tête il gamberge. Un parlementaire de droite raconte son invitation rue de Miromesnil juste avant son entrée en campagne pour l’UMP "viens avec moi, tu vas être ministre, tu sais la première fois que le secrétaire général de l’Elysée annonce ton nom, ça fait chaud au cœur". Nous étions fin octobre 2014 et Nicolas Sarkozy pensait déjà à mai 2017.

Entre 2002 et 2007, Nicolas Sarkozy avait réussi la prouesse à incarner la rupture avec Jacques Chirac alors qu’il en avait été le ministre de l’Intérieur et de l’économie. A l’époque, il avait fait ce qu’il sait faire de mieux : transgresser, provoquer, cliver. Aujourd’hui, dans un climat aussi tendu et alors que l’unité s’impose à tous les étages, peut-il toujours autant transgresser et provoquer ?

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