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Nicolas Sarkozy : plutôt Giscard que Mao

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« C'est une longue marche qui commence » déclarait avant-hier Nicolas Sarkozy dans le Journal du Dimanche, deux ans tout juste après que Guillaume Peltier ait déclaré dans le Figaro : « voulons-nous poursuivre ou non la révolution culturelle du sarkozysme » ? L'ancien président avait déjà cité Jaurès et De Gaulle, alors pourquoi pas reprendre Mao ? Sauf qu'à y regarder de plus près, et depuis longtemps, Nicolas Sarkozy serait plutôt un Giscard malgré lui...

VGE entre à l'Elysée à 48 ans, Nicolas Sarkozy à 52.

Au début de son mandat, chacun pratique l'ouverture vers la gauche et la société civile (Françoise Giroud, Jean-Jacques Servan Schreiber en 1974, Bernard Kouchner, Martin Hirsch en 2007) mais à la fin de chaque mandat, - sans changer de Premier ministre - c'est le coup de barre à droite : loi sécurité et liberté d'Alain Peyrefitte sous Giscard, discours de Grenoble et la ligne Buisson sous Sarkozy.

En 1981 Giscard perd avec 48,2% des voix, en 2012 Sarkozy en recueille 48,3.

Après cela, Nicolas Sarkozy a toujours expliqué qu'il reviendrait par le haut façon De Gaulle et pas par la petite porte façon Giscard qui avait lui-même théorisé sa réapparition « à la Poincaré » en repartant par le bas (conseiller général, député, président de l'UDF) mais finalement, Nicolas Sarkozy revient à l'occasion du congrès à l'UMP avec bien sûr le même objectif que Giscard : repartir à la conquête de l'Elysée.

Alors, si l'on poursuit le parallèle qu'est-ce qui a empêché Giscard et qui pourrait empêcher Sarkozy ?

D'abord, Giscard n'a pas changé. Ni de caractère ni de comportement, c'est compréhensible à l'aube des 60 ans.

Politiquement, Giscard n'a pas pu se représenter en 1988 et 1995 car deux personnalités de premier plan occupaient son segment politique : Raymond Barre puis Edouard Balladur. Il a été victime d'une concurrence de personnes et d'une concurrence idéologique et de la prime à la nouveauté. Bruno Le Maire compte bien sur cet effet de décote et déclare : « c'est comme une ancienne maîtresse même si on la trouve charmante on préfère la même avec 15 ans de moins que vous n'avez jamais touchée » .

Nicolas Sarkozy devra donc prouver que sans avoir changé, ses propositions sont les bonnes et surtout qu'elles n'appartiennent qu'à lui au risque de connaître le même sort que VGE.

Non le retour de Nicolas Sarkozy n'est pas celui de Mao mais bien celui de Giscard à une énorme différence près : les affaires toujours en cours. Le retour de Nicolas Sarkozy, c'est aussi celui de Paul Bismuth.

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