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Non, nous ne sommes pas dans une semaine cruciale !

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Et pourtant l'adjectif tourne en boucle sous la plume ou le clavier de certains confrères. Hier le Journal du Dimanche nous parlait d'une "semaine clé", ce matin le Figaro évoque une "semaine de vérité" et le Midi-Libre de "la semaine de tous les dangers" mais en fait, l'on devrait plutôt parler d'une semaine chargée.

Conférence sur l'Irak aujourd'hui, vote de confiance demain, conférence de presse du Président jeudi et - paraît-il - retour de Nicolas Sarkozy dimanche, la semaine politique sera intense, certes, mais en rien cruciale.

L’Irak ? La classe politique est quasi-unanime à suivre François hollande. Il y a bien sûr quelques oppositions ou encore quelques divergences de vues sur les modalités mais globalement, comme lors du kosovo, de la non-intervention en Irak en 2003, de la Libye, du Mali et de la Centrafrique, il y a consensus sur l'international.

Le vote de confiance ? Arrêtons de jouer au train-fantôme et de nous faire peur : le gouvernement aura sa majorité non par adhésion des frondeurs mais grâce à l'équilibre de la terreur instauré par la Constitution, ce texte écrit en pleine guerre froide et en pleine guerre d'Algérie par et pour un militaire avec son arme de dissuasion massive, de destruction massive institutionnelle qu'est la dissolution.

La conférence de presse ? Aucune conférence de presse n'a permis de retourner l'opinion.

Le retour de Nicolas Sarkozy ? Oui c'est un moment crucial... pour l'UMP...

Cette semaine ne va donc pas changer fondamentalement la donne ^parce que les opposants à la politique actuelle n'ont pas les moyens de leur rupture, sauf à se faire écrabouiller, parce qu'ils n'ont pas de vision commune aussi. Samedi des communistes, des membres du parti de gauche, des Verts et des frondeurs ont déjeuné ensemble à la fête de l'Huma mais Pierre Laurent le reconnaît "rassembler les forces demande du temps" . Les frondeurs les communistes et les se partageront entre le vote contre et l'abstention.

Pour les media dopés au storytelling, ces rendez-vous soi-disant cruciaux permettent de tenir le citoyen en haleine, pour Manuel Valls et François Hollande c'est une façon de dire : "on a passé l'obstacle" tout en sachant qu'il n'était pas si dur à surmonter, un peu comme un match amical pour préparer la coupe monde de football face à une équipe très faible même pas qualifiées pour la compétition : une victoire permet d'entretenir l'illusion de sa force.

Donc, tous ces évènements prévisibles ne changeront pas la face du quinquennat... il y a toujours l'imprévisible bien sûr mais surtout il y a des moments vraiment cruciaux (par exemple quand le gouvernement publie les chiffres du chômage) mais un mandat présidentiel ne bascule jamais à un moment donné, c'est plutôt l'accumulation de réussites ou d'échecs.

Les moments cruciaux - sauf les élections - ne sont jamais prévus.

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